Veaux d’embouche : Faites-vous le poids?

*Dans un monde où la performance occupe de plus en plus de place, il est important de se comparer aux meilleurs pour devenir le meilleur. Nous révélons aujourd’hui quelques-uns des points forts des entreprises spécialisées dans le secteur Veaux d’embouche ayant réalisé les marges[1] les plus élevées (groupe de tête de l’étude de coût de production 2015).

Le groupe de tête se démarque ainsi du reste de la population en présentant une marge moyenne de 824 $/vache. Comment se traduit une performance économique aussi intéressante? Voyons…

Tableau 1. Comparaison des résultats techniques

Source: Centre d’études sur les coûts de production en agriculture

Taille : les entreprises du groupe de tête sont de plus grande taille, ce qui leur permet, entre autres, de répartir leurs charges fixes et le travail sur un plus grand nombre d’unités. Néanmoins, certaines entreprises de taille plus modeste réussissent à se démarquer; le tiers des entreprises du groupe de tête ont moins de 100 vaches.

Productivité : les entreprises du groupe de tête vendent davantage de veaux par vache, en partie grâce à un taux de naissance supérieur et à un taux de mortalité moindre (5,2 % vs 7,3 %). Ceci, combiné à la vente de veaux plus lourds, leur permet de vendre 65 livres de plus par vache.

Cultures : ces entreprises obtiennent de meilleurs rendements pour une superficie par vache et une charge d’intrants équivalentes. Elles réduisent ainsi leur charge d’alimentation et génèrent des revenus de cultures supérieurs.

Tableau 2. Comparaison des résultats économiques par vache

Source: Centre d’études sur les coûts de production en agriculture

Revenus de bovins : le prix obtenu par livre est égal entre les groupes même si le groupe de tête met en marché des veaux plus lourds. Considérant la volatilité des prix en 2015, le calendrier des ventes a influencé la rentabilité de certaines entreprises, particulièrement de celles qui ont vendu la quasi-totalité des veaux en un seul lot.

Résultats par livre : lorsqu’on compare les résultats par livre vendue, les deux groupes génèrent des revenus équivalents. Cependant, le groupe de tête obtient une marge supérieure de 0,39 $/livre grâce à des charges moins élevées.

Charges d’alimentation[4] : les entreprises du groupe de tête dépensent 59 $ par vache de moins, et ce, en produisant des veaux plus lourds. De meilleurs rendements semblent le facteur premier expliquant cet écart.

Frais vétérinaires : le groupe de tête a bénéficié d’un meilleur état de santé du troupeau en 2015 comme en témoignent des frais de médicaments et un taux de mortalité des veaux inférieurs.

Location : les deux groupes d’entreprises possèdent la même proportion des terres qu’elles cultivent (54 % versus 53 %) et paient un taux similaire (51 $/ha versus 45 $/ha).

Rémunération : la marge des entreprises du groupe de tête permet de couvrir la rémunération des heures de travail effectuées par les employés, la famille et les exploitants, ce qui n’est pas le cas pour la moyenne des entreprises. La rémunération calculée pour le travail est respectivement de 550 $/vache et 622 $/vache.

Conclusion

Les facteurs de succès mis en lumière ici ne sont qu’une portion de l’analyse que nous avons réalisée et qui est disponible le site Internet du CECPA (www.cecpa.qc.ca). Ils sont similaires à ceux qui sont habituellement reconnus pour ce secteur. La clé de la rentabilité des entreprises est la réduction de leurs coûts de production. Le poste de l’alimentation (produite et achetée) a généralement le plus grand potentiel de gain d’efficacité. La réduction des frais fixes, notamment en s’assurant d’une utilisation efficiente des actifs, permet également d’accroître les profits.

L’autre aspect de la profitabilité est le revenu. Puisque les entreprises ont peu d’influence sur le prix, elles doivent concentrer leurs efforts sur la production de livres de veau pour augmenter leur revenu. La tendance semble vers l’augmentation du poids à la vente et la réduction de la tolérance envers les vaches improductives. Aussi une bonne régie de troupeau demeure un facteur clé.

[1] La charge d’alimentation est calculée comme suit : aliments achetés + intrants cultures + location de terre + travaux à forfait pour les cultures + charges de machineries + amortissement machinerie et drainage – revenus des cultures.

[1] Tiers supérieur des entreprises. Marge avant intérêts sur le long terme, rémunération du travail et de l’avoir.

[2] Indique si l’écart entre l’étude 2015 et le groupe de tête est supérieur à 10 % (ì), inférieur à 10 % (î), ou entre les 2 (=).

[3] Frais bancaires et intérêts à court et long termes.

[4] La charge d’alimentation est calculée comme suit : aliments achetés + intrants cultures + location de terre + travaux à forfait pour les cultures + charges de machineries + amortissement machinerie et drainage – revenus des cultures.

*Texte du Centre d’études sur les coûts de production en agriculture

à propos de l'auteur

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