Vente d’Écolait : « On voulait que les actifs restent au Québec »

Dans une entrevue à LeBulletin.com, le président-directeur général de Délimax-Montpax, Fabien Fontaine, explique les circonstances de l’achat des actifs de sa rivale, Écolait.

Depuis novembre 2016, l’entreprise Délimax-Montpax était en pourparlers pour acheter la division Écolait, propriété de Grober. Lorsque Écolait s’est placée sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité, les négociations se sont intensifiées pour mener à la transaction.

« Nous voulions que les actifs restent au Québec ou à des Québécois, explique, Fabien Fontaine. Dans notre secteur, la compétition est mondiale. Nous voulions sécuriser le volume. L’achat était normal. »

L’achat inclut les fermes d’élevage de veaux de lait, ainsi que l’usine d’abattage de Terrebonne. Celle-ci restera en opération. « Nous n’avions pas le choix, explique Fabien Fontaine. Notre usine de Saint-Germain-de-Grantham est à pleine capacité. »

Les employés de ferme et d’usine seront donc intégrés aux activités de Délimax. Les démarches entreprises pour rendre conformes les fermes aux nouvelles normes de bien-être animales seront maintenues.

« C’est le temps qui va nous manquer », explique Fabien Fontaine. La date butoir est le 31 décembre 2018. Les fermes de Délimax étaient en bonne voie d’atteindre cet objectif, mais pas celles de Écolait. « Écolait n’avait pas l’argent, ni l’intention de se conformer au bien-être », dit Fabien Fontaine.

Le montant de la transaction de 50 millions de dollars inclut l’achat des actifs – fermes et abattoir – ainsi que la somme nécessaire pour la conversion des fermes aux nouvelles normes de bien-être animal. « Je n’ai pas le choix de le calculer », dit Fabien Fontaine.

En achetant Écolait, Délimax-Montpax souhaite freiner l’érosion de la production de veaux de lait au Québec. « Elle était de 170 000 veaux en 2009; elle est de 100 000 en 2017, dit Fabien Fontaine. Nous voulons garder une masse critique. »

Il explique que Délimax-Montpax distribue du veau de lait dans les grandes chaînes de distribution et qu’en conséquence, l’entreprise n’a d’autre choix que de produire un grand volume.

« Les chaînes alimentaires nous demandent de plus en plus de certifications, ce qui nous demande des investissements et donc, du volume, dit-il. Nous les avons toutes ces certifications, mais ça nous prend du volume pour maintenir ça. »

Avec cette transaction, Délimax possédera 100 fermes corporatives, comptera près de 270 fermes associées, plus de 1000 employés et des usines de transformation au Canada et aux États-Unis. Le chiffre d’affaires annuel combiné atteindra les 425 millions de dollars. Dirigée par les frères Alexandre, Donald et Fabien Fontaine, l’entreprise et ses différentes filiales sont les plus importants producteurs de veau et d’agneau en Amérique du Nord.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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