En élevage, comment devez-vous vous protéger contre la COVID-19?

Parce que le Québec a besoin de vous

Le secteur agroalimentaire fait partie des services essentiels en cette période de crise de la COVID-19. Les activités seront maintenues à tous les niveaux, spécifie le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation sur son site web. Il faut toutefois s’assurer de rester en santé.

Quoi faire si je ne soupçonne pas d’être atteint?

Dans une communication envoyée aux membres, l’Équipe québécoise de santé porcine (EQSP) et l’Équipe québécoise de contrôle des maladies avicole (ÉQCMA) recommandent d’appliquer des règles générales d’hygiène lors de la manipulation des animaux. Il faut se laver les mains avec de l’eau et du savon avant et après avoir touché les animaux et les œufs. Si vous n’avez pas de savon, utilisez un désinfectant à base d’alcool. Il faut aussi préconiser le port de gants ou le lavage fréquent des mains lors des opérations, ainsi que d’éviter de se toucher les yeux, le nez et la bouche. Le site suivant donne des informations supplémentaires : Mapaq.gouv.qc.ca/zoonoses

Quoi faire si je soupçonne être atteint?

Bien qu’il n’y ait eu aucun cas animaux signalés qui soient devenus malades en raison du COVID-19, il est recommandé de ne pas manipuler les animaux et les œufs si vous êtes atteints.

En entrevue, le coordonnateur de l’EQSP et de l’ÉQCMA, Martin C. Pelletier, explique la situation en ces mots : «On sait que ça peut se transmettre par gouttelettes, dit-il. L’animal pourrait être un vecteur mécanique.» C’est-à-dire que le virus se retrouverait sur le pelage de l’animal ou sur les œufs.

Selon le virologue Carl Gagnon, de la Faculté de médecine vétérinaire, le risque de contaminer les travailleurs des abattoirs et des postes de classification par des employés de ferme malades qui auraient involontairement déposé le virus sur les animaux est peu probable. Le plus grand risque pour les travailleurs des abattoirs et des postes de contamination vient plutôt du contact étroit avec d’autres travailleurs qui se seraient contaminés ailleurs. «Je pense qu’on charrie quant on parle de transmission mécanique à l’animal. Le virus va se diluer à la ferme. Il n’affecte pas le cochon. Il va finir par mourir. Je ne pense pas qu’il y ait un grand risque (pour la chaîne d’abattage)», dit-il en entrevue.

Quoi faire si je soupçonne que mes animaux et leur environnement ont été infectés?

Il faut prendre les mesures pour éviter que les membres du personnel ou du personnel externe ne se contaminent indirectement par le virus.

Voici un site utile à cet effet :

https://www.cnesst.gouv.qc.ca/salle-de-presse/Pages/coronavirus.aspx

Les visites non essentielles devraient être remises à plus tard. Si des gens doivent venir quand même dans le bâtiment, informez-les de la situation.

Où puis-je avoir plus d’informations?

Site web du gouvernement du Canada concernant le coronavirus

Site web du gouvernement du Québec concernant la COVID-19

Site web du MAPAQ 

Pouvoir continuer de s’occuper de ses animaux

En entrevue cette semaine, plusieurs producteurs nous ont expliqué prendre les mesures pour éviter d’être malades. La grande crainte est de ne plus pouvoir s’occuper de leurs animaux et leur ferme. Un producteur a expliqué faire travailler un employé occasionnel plus souvent pour le former afin d’avoir un plan B si jamais il tombe malade. Une autre famille a avoué vivre des conflits familiaux parce que leur jeune en congé d’école travaille à l’extérieur avec le public.

Les messages de prévention à l’intention des travailleurs se multiplient au sein des intervenants. Les visites non essentielles à la ferme sont remises. Si des visites sont nécessaires, des mesures exceptionnelles sont prises. Même chose lorsque les producteurs doivent aller chercher du matériel pour leur ferme. Les événements agricoles sont annulés ou retardés.

 

 

 

 

 

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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