Légumes : De la semence aux transplants

 

Les Serres Lefort en sont à leur 26e saison de production de transplants. Au cours des dix dernières années, la production a plus que quintuplé, reflétant l’effervescence dans le secteur horticole au Québec. Témoin et acteur dans cette évolution, Sylvain Lefort a ouvert ses portes au Bulletin des agriculteurs, histoire de partager sa passion.

« Je démarre le gagne-pain des autres. Je n’ai pas le droit de me tromper », dit le fondateur et copropriétaire, avec sa conjointe Marie-Josée Lebire, des Serres Lefort.

Sa réputation a permis à l’entreprise de croître sans arrêt, si bien qu’elle comprend aujourd’hui l’équivalent de 140 serres couvrant quatre hectares. Avec le succès est venue la tâche d’alimenter environ 65 % du marché québécois. « C’est une énorme responsabilité. On prend notre travail très à cœur. »

Le premier maillon

Aux Serres Lefort, les producteurs de légumes en champ et en serre apportent leurs semences, établissent une date de livraison et comptent sur les transplants qu’ils obtiendront pour démarrer leurs cultures. En 26 ans, Sylvain Lefort n’a jamais manqué son coup.

Tomates, piments, choux, brocolis, laitues et autres légumes sont suivis de près par un agronome et une équipe de techniciens. L’entreprise embauche aussi un informaticien qui veille au bon fonctionnement des contrôles d’ambiance automatiques des serres.

Avant d’être livrés chez le client – à l’heure précise voulue ! –, les plants séjournent dans des serres d’acclimatation où elles s’adaptent au grand air qu’elles connaîtront bientôt au champ.

Il n’est pas difficile de réaliser des transplants, admet Sylvain Lefort. Le défi, c’est de livrer une qualité uniforme pendant toute la saison, en grand volume, le tout assorti d’une garantie qu’au moins 90 % des semences apportées par le client auront germé.

Sylvain Lefort sait que d’autres arrivent à produire des transplants à moindre coût. Chez lui, par contre, on ne lésine pas sur les pratiques phytosanitaires préventives, le dépistage et la traçabilité.

Avec la proximité vient aussi la qualité, soutient Sylvain Lefort en allusion aux transplants qui pourraient venir de l’extérieur du Québec. « En apportant ses semences ici, le producteur sait que ses plants démarreront dans ce qui ressemble le plus à l’état naturel qu’ils connaîtront à sa ferme. »

Au fil des ans, son équipe et lui en ont appris beaucoup sur les variétés, la façon de les semer et la taille des cellules (et des mottes) à utiliser pour aider les clients à obtenir des primeurs au printemps ou à cultiver au champ tout l’été. Depuis deux ans, il alimente même de grandes entreprises serricoles québécoises en plants de tomates dès les mois de novembre et décembre.

De six mois par année, Les Serres Lefort sont aujourd’hui en production pendant pratiquement douze mois. La production de transplants pour les producteurs en serre permet de mieux rentabiliser les infrastructures.

à propos de l'auteur

Éditeur et rédacteur en chef

Yvon Thérien est agronome et éditeur et rédacteur en chef au Bulletin des agriculteurs.

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