S’adapter aux changements

Difficile de briser nos habitudes. Dans mon cas, ça prend plus d’un mois à pouvoir m’ajuster à un horaire un peu plus normal. J’ai beau essayer de me lever plus tard et c’est mon horloge biologique qui fini par me sortir du lit. Faut dire que je suis un lève tôt à la base. Le simple fait de me sortir du lit après le soleil, c’est comme si j’allais rater quelque chose.

Je dois apprivoiser mes nouvelles heures de sommeil graduellement comme si c’était un décalage horaire. J’ai raccourci mes journées de travail et on en profite pour évaluer nos derniers résultats et surtout, planifier nos prochains changements.

Ça fait pratiquement 40 ans qu’on est en continuel changement sur la ferme. Ça peut paraître long vu de l’extérieur mais les résultats sont aux rendez vous. En fait, ce n’est pas l’idée du changement qui prend du temps, c’est plutôt les efforts pour s’y adapter qui sont le plus difficiles. Et ces efforts doivent être guidés par des objectifs d’amélioration qu’on se donne nous même. Si on y ajoute un peu de plaisir et de fierté, c’est gagné d’avance.

J’écoutais une entrevue de Lewis Hamilton, 7 fois champion du monde. Il brise tous les records de la formule 1 et il entrevoit continuer sur sa lancée. Il expliquait comment il a dû travailler encore plus fort pour se maintenir au sommet. Pour aller chercher la fraction  de seconde, le nombre de tours supplémentaires avec les même pneus, ou économiser sa monture. C’est plus profond que seulement piloter la voiture. Il s’est adapté à l’équipe autour de lui et il continue à chercher le maximum dans toutes sortes de conditions. Combien de fois on entend que le début de weekend semble difficile pour lui. Sortie de piste, blocage des roues le vendredi. Pour finalement réaliser qu’il était simplement en train d’amener sa voiture au maximum de ses capacités. Il équilibre sa voiture afin de tirer le maximum pas seulement des pneus du moteur  mais de l’ensemble. Finalement, il arrive à réussir LE tour parfait en qualification.

Pour ramener cette comparaison sur notre ferme….enlevons les millions et les 200 employés investis sur sa voiture et je me dis que les erreurs ne sont que des façons de tester les capacités de notre système de culture. Au final, on fini par devenir encore meilleur. Les agriculteurs innovants sont rendus plus loin que seulement se contenter de semer, entretenir et récolter. Ils se sont adaptés à leur environnement et surtout, aux conditions variables de météo, d’infestation de mauvaises herbes, de maladies, sans oublier le contexte économique.

Il nous faut donc travailler encore plus fort dans la planification et l’exécution de notre système, tout en s’assurant de garder un équilibre à long terme de nos ressources.

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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