Abandon des farines animales dans l’alimentation des porcs

Longueuil (Québec), 17 décembre 2003 – C’est depuis le 1er décembre dernier que les producteurs de porcs québécois ont débuté, à la demande de la Fédération des producteurs de porcs du Québec, la production de porcs alimentés sans farines animales. « Absolument rien ne nous pousse, scientifiquement, à éliminer les farines animales, que ce soit pour desrisques sur la santé de nos animaux ou la santé humaine. C’est connu, le porcest un omnivore, c’est-à-dire qu’il peut se nourrir, tout comme nous, devégétaux et de viande. Cependant, nous sommes conscients qu’une grandecrainte, bien que non fondée dans le cas du porc, subsiste chez lesconsommateurs d’ici et d’ailleurs. C’est dans cette optique qu’une décision aété prise, souhaitant ainsi écarter ces craintes et, par surcroît, rassurerles consommateurs, qu’ils soient québécois, japonais ou autres. »

C’est ainsi que M. Claude Corbeil, président de la Fédération, expliquequ’après une mûre réflexion, les producteurs de porcs élus et formant leconseil d’administration de l’organisation sont arrivés à une conclusion, soitla nécessité, voire l’obligation, de procéder à une interdiction del’utilisation des farines animales dans la moulée servant à nourrir les porcs.« De plus, nous ne pouvions nous isoler et prendre le risque de voir lesacheteurs québécois et internationaux se tourner vers d’autres sourcesd’approvisionnement. Le comité des abattoirs de porcs du Québec sentait unepression venir des autres provinces canadiennes qui ont, à toute fin pratique,résolu de ne plus utiliser les farines animales dans l’alimentation des porcs.Nous avons donc reçu une demande officielle, au début d’octobre de cetteannée, afin que nous fournissions aux abattoirs, dès mai 2004, un produitexempt de farines animales. Il était temps d’agir et de nous engager sur cettevoie », ajoute-il.

Dans le but d’assurer la conformité du produit, les producteurs de porcsdoivent désormais présenter un formulaire de « Garantie du fournisseur »confirmant que l’aliment vendu est exempt de farine de viande et d’os. LaFédération des producteurs de porcs du Québec s’attend à ce que lesfournisseurs d’intrants, tout comme elle-même le fait pour ses clients,notamment les consommateurs et les transformateurs, répondent aux besoins deleurs clientèles, dont les producteurs de porcs. La Fédération est persuadéeque chacun des intervenants du secteur doit jouer son rôle afin que laproduction porcine québécoise demeure dynamique et conserve sa réputationquant à la qualité du produit.

Au Québec, on estime qu’environ le tiers des producteurs de porcsutilisaient de façon régulière des farines animales dans l’alimentation deleurs animaux. Ces farines comptaient au maximum pour 5 % de la composition dela moulée. Un avantage sur le coût de production en était retiré, les farinesanimales étant moins dispendieuses que d’autres sources de protéines.« Logiquement, les transformateurs obtiendront une plus-value, sur les marchéslocal et international, pour le produit que nous nous apprêtons à leurfournir. Nous pensons qu’une partie de cette marge doit indubitablement servirà couvrir les coûts supplémentaires que les producteurs encourront en cessantd’utiliser les farines animales. D’ailleurs, nous sommes à évaluer,conjointement avec Ontario Pork, quel sera ce supplément à absorber », préciseM. Corbeil.

En terminant, le président de la Fédération tient à assurer que : « En cequi a trait aux farines qui ne trouveront plus preneur, la Fédération atoujours été extrêmement soucieuse de savoir comment celles-ci pourraient êtreutilisées dans l’avenir. C’est d’ailleurs pourquoi nous avons rencontré lesdistributeurs de sous-produits d’origine animale qui nous confirment qued’autres marchés ont déjà été trouvés. Il ne faut pas s’inquiéter d’uneprétendue élimination du produit qui pourrait être dommageable pourl’environnement ou d’un accroissement de la production céréalière, lesquantités à remplacer n’étant pas assez significatives. Notre soucienvironnemental demeure et nous faisons toutes les démarches pour nous assurerque les décisions que nous prenons n’aient aucun impact néfaste. »

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Le Porc du Québec
http://www.leporcduquebec.qc.ca/

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