Alerte à la légionnaire uniponctuée

Tout indique que le Québec, comme d’autres régions d’Amérique du Nord, connaîtra au cours des prochaines semaines les pires infestations de légionnaire uniponctuée de l’histoire. Les larves de l’insecte s’en prennent notamment au maïs et au blé.

PHOTO : University of Illinois Extension

Depuis le début de la saison, les captures par piège sont de loin les plus élevées enregistrées au Québec depuis 1981. Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) recommande un dépistage immédiat, particulièrement dans les champs de semis direct sur des retours de prairie avec une forte densité de graminées.

Le record des 290 captures hebdomadaires de légionnaire, qui avait été établi à Palmarolle en Abitibi en 2008, a été surpassé la semaine dernière dans la même municipalité, avec des captures moyennes de 426 papillons par piège. Ce chiffre aurait pu être plus élevé, car il n’y avait plus de place dans le piège pour d’autres papillons.

Les observations la semaine dernière sont déjà au même niveau qu’en 2007 et les captures devraient continuer d’augmenter au cours des deux prochaines semaines, selon la dynamique observée durant les précédentes infestations.

Les producteurs de l’Ontario ont été alertés il y a plus d’une semaine de foyers importants d’infestation de légionnaire uniponctuée, notamment dans le blé. Des alertes au dépistage ont aussi été publiées dans les états de New York, du New Jersey et de la Pennsylvanie.

Au Québec, des dommages causés par la légionnaire uniponctuée ont été observés dans huit des 20 champs dépistés en Montérégie-Est par le réseau de surveillance. Les populations de larves étaient toutefois inférieures aux seuils d’intervention presque partout, sauf dans un champ de maïs de Saint-Aimé où l’on observait un pourcentage de défoliation variant de 20 à 50 %.

Dans les 8 champs infestés, 65 % des larves observées atteignaient une longueur inférieure à 2 cm. Présentement, c’est le moment idéal pour intervenir avec un insecticide, en cas de nécessité. Dans quelques jours, les larves risquent de causer des dommages beaucoup plus importants et ce sera peut-être trop tard pour agir.

Plusieurs infestations ont aussi été rapportées dans les régions du Centre-du-Québec, de la Montérégie-Ouest et, plus récemment, en Estrie dans le secteur de Coaticook. On a observé, dans certains cas, des plants de maïs aux stades 6 à 7 feuilles complètement dévorés. Presque tous les dommages étaient rapportés dans des champs de maïs en semis direct sur un retour de céréale ou de prairie et ils avaient été désherbés il y a une dizaine de jours.

On rapporte, dans un champ, des populations de 5 larves de moins de 20 mm par plant de maïs, alors que le seuil d’intervention recommandé dans cette culture est d’une larve de moins de 25 mm par 4 plants.

Blé
Bien que les populations de larves dans les champs de céréales n’atteignaient pas le seuil d’intervention de 56 larves par mètre carré, on rapporte que les feuilles étendards d’un champ de blé commençaient à être grignotées par des larves encore peu développées. En pareille situation, un traitement insecticide doit être envisagé rapidement si les larves ne sont pas malades ou parasitées. Les champs de céréales pourraient être à risque dans les prochaines semaines, particulièrement en Montérégie-Est et en Montérégie-Ouest.

L’avertissement du RAP du 15 juin (PDF)

Fiche d’information du ministère de l’Agriculture de l’Ontario

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