Blé à contre-courant

Alors que les superficies en blé sont en chute libre au Québec, celles qui servent à la production de blé en agriculture raisonnée à contrat avec les Moulins de Soulanges ne cessent de gagner en importance.

« On file en flèche vers le chaud, dit Rudy Laixhay, des Moulins de Soulanges. Nous sommes passés de 500 acres à 25 000 acres en cinq ans. Et d’ici les cinq prochaines années, nous voulons atteindre 50 000 ou 60 000 acres. »

Au Québec l’an dernier, les superficies en blé de printemps ont chuté de 17,5%, alors que celles en blé d’hiver reculaient de 8,1%.

Les Moulins de Soulanges s’attendent à acheter environ 28 000 tonnes de blé québécois cette année, alors qu’en 2005, l’entreprise débutait avec seulement 500 tonnes.

Comment cette croissance est-elle possible, alors que chez les producteurs en général, la tendance est l’abandon de la production de blé, en raison principalement des problèmes de qualité? « Nous avons mis en place un système de gestion qui répond aux principales frustrations que nous avons découvert au fil des années », vous expliquera Rudy Laixhay.

Blé déclassé, ou refusé à la livraison? Avec les Moulins de Soulanges, le blé de toutes les superficies à contrat est accepté. Il sera criblé dans un centre de grain régional, jusqu’à ce que le niveau de toxines soit acceptable. Les grains fusariés et autres impuretés sont retirés – ce qui diminue nécessairement le volume de grain reçu du producteur – mais le grain n’est pas déclassé.

Les producteurs reçoivent aussi des conseils pour minimiser l’impact de la fusariose et du développement de toxines, que ce soit concernant les précédents culturaux, l’utilisation d’intrants chimiques ou les ajustements lors des battages.

Paiements en retard? Les Moulines de Soulanges, ou les centres de grain partenaires, paient directement le producteur, sans délai.

Les Moulins de Soulanges vont aussi jusqu’à coordonner une partie du transport du grain, afin par exemple, qu’un producteur qui n’a pas un plein chargement à faire livrer puisse partager un camion avec un autre producteur.

« Il existe sûrement encore des frustrations, mais en répondant à celles liées à la qualité au champ et à la réception, au paiement et à la logistique, on se trouve à répondre à pas mal toutes les attentes des producteurs et de l’industrie », dit Rudy Laixhay.

Tout le blé produit pour les Moulins de Soulanges est livré dans des centres de grain immédiatement après la récolte, pour y être séché et criblé. Cela permet, d’une part, d’uniformiser la qualité par un conditionnement, et d’autre part, de simplifier les approvisionnements de la meunerie de Saint-Polycarpe.

Les coopératives et les centres de grain privés ont déjà des infrastructures et ils sont habitués à travailler avec les producteurs. Les Moulins de Soulanges n’ont donc pas à investir dans un réseau de manutention et de conditionnement des grains, explique Rudy Laixhay. « Notre mission, c’est de faire des farines. »

 

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