Bœuf Québec arrive en épicerie

À peine un an après son lancement, la marque Bœuf Québec sera disponible dans 293 magasins IGA de la province de Québec et du Nouveau-Brunswick.

Pour IGA, cette décision répond au désir des consommateurs québécois pour l’achat de bœuf du Québec. Un sondage mené par IGA en janvier 2018 auprès de 1362 clients acheteurs de bœuf a révélé que 62% d’entre-eux préféreraient acheter du bœuf du Québec.

Pour le vice-président à la mise en marché, produits périssables, chez Sobeys Québec, Yvan Ouellet, l’implication d’IGA dans la mise en marché de bœuf du Québec était logique. « De par le modèle d’affaires, IGA, c’est des commerçants indépendants impliqués dans leur région, dit-il. Ces gens-là ont tout intérêt à faire affaire avec les producteurs ou transformateurs ou artisans régionaux. C’est dans l’ADN des commerçants IGA d’encourager l’économie locale. Pour nous, c’était évident que s’il y avait une chaîne qui devait commercialiser Bœuf Québec, c’était IGA. »

Offre graduelle

Pour la saison de barbecue qui s’annonce, IGA offrira deux coupes de bœuf certifié Partenaires Bœuf Québec : le bœuf haché et le bifteck. À l’automne prochain, trois autres coupes seront disponibles.

Pour ce qui est du volume de bœuf qui y sera vendu, Yvan Ouellet est prudent. « C’est difficile de vous donner des chiffres en dollar ou en volume de bêtes, dit-il. On va y aller très doucement. »

Le défi de la mise en marché de viande de bœuf est la valorisation de la carcasse entière d’un gros animal, soit 850 livres de viande. Les coupes disponibles chez IGA seront différentes de celles qui seront vendues en restauration et en boucherie spécialisée. La viande hachée est la coupe de viande la plus populaire.

L’offre augmentera graduellement, en raison notamment de l’offre limitée. « Ensuite, nous pourrons en faire la promotion dans les circulaires quand les prix vont nous le permettre », dit-il. Le prix devrait être compétitif avec ce qui se retrouve en comptoir pour l’instant.

35% plus d’abattage

Un an après le lancement officiel, le directeur-général de la Société des parcs d’entraissement du Québec et coordonnateur du programme Partenaires Bœuf Québec, Jean-Sébastien Gascon, est heureux de l’année écoulée. « La partie la plus positive, c’est une augmentation de 35% de l’abattage de bœuf au Québec », dit-il.

Ce qui le rend particulièrement fier, c’est que l’industrie a réussi cette augmentation sans la construction d’une nouvelle usine d’abattage, mais plutôt en maximisant l’utilisation des installations actuelles.

Actuellement, le bœuf est abattu chez Viandes Forget, mais il y a au total cinq abattoirs québécois qui sont sous inspection fédérale, en plus des autres sous inspection provinciale.

Défis à venir

Même si les affaires vont bien pour Bœuf Québec, il reste encore plusieurs défis à relever. Le premier défi est que tout le bœuf soit élevé au Québec. « On veut qu’à la fin de 2018, près de 100% des animaux soient nés au Québec », dit Jean-Sébastien Gascon.

Un deuxième défi est la production durable. « On va lancer un plan d’action », précise Jean-Sébastien Gascon. Ce plan a été développé grâce à une subvention du MAPAQ.

« Au-delà de l’origine, Bœuf Québec souhaite se positionner plus largement en matière de pratiques responsables, en ce qui a trait par exemple au respect de l’environnement et du bien-être animal », peut-on lire dans le plan d’action. Dans l’avenir, les pratiques durables certifiées seront mises en place.

Le troisième défi est la qualité. « La durée de vie de notre produit doit être dans les standards des plus grands », explique Jean-Sébastien Gascon. Le bœuf doit durer sept jours chez le détaillant et trois jours chez le consommateurs.

Travailler à toujours améliorer le cahier des charges fait partie de l’entente avec IGA. « Mais que ce soit produit au Québec est déjà un atout très important pour les consommateurs et au Québec, on produit du bœuf d’excellente qualité », dit Yvan Ouellet.

« D’ici septembre, on va apprendre à travailler ensemble, dit pour sa part Jean-Sébastien Gascon. Je trouve ça très bien qu’on prenne ce temps pour apprendre à travailler ensemble. Il faut que ce soit bien ficelé. »

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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