Ça pousse, mais pas vite!

Le manque d’ensoleillement et les pluies répétées provoquent un retard dans la croissance des principales cultures commerciales au Québec. Pour l’instant, les maladies ne se sont pas mises de la partie, mais la croissance inégale à l’intérieur des champs laisse déjà présager des rendements moindres.

« Le maïs et le soya sont encore au stade végétatif, alors l’impact du climat de cette année est difficile à mesurer pour l’instant », a confié en entrevue Sylvain Payant, agronome chez Pioneer. C’est rendu aux stades reproductifs que les retards pourront être évalués et que le climat pourrait influer sur l’incidence de maladies, a-t-il expliqué.

La principale préoccupation est la levée inégale du maïs, provoquée par les conditions sèches lors des semis de la première moitié de mai et par la surabondance d’eau par la suite.

« La semence de maïs doit se gorger d’eau pour l’équivalent de 50 % de son poids, explique Sylvain Payant. Comme le sol était très sec, la germination ne s’est pas faite de façon égale. »

Lors qu’il y a une différence de plus de trois feuilles entre les plants de maïs, les plus petits deviennent des mauvaises herbes pour les plus grands.

Quand la pluie s’est mise de la partie à partir de la mi-mai, l’inverse s’est produit : certains plants ont eu trop d’eau. Ceux qui se sont retrouvé les pieds dans l’eau ont souffert d’anaérobie (absence d’air dans le sol) parmi les racines et leur développement s’en est trouvé affecté. Cela a provoqué un retard de croissance dans les sections de champ les moins bien égouttées.

D’après Sylvain Payant, ces sections de champ touchées par des surplus d’eau connaîtront un mûrissement retardé. Si l’automne est chaud et que les UTM continuent à s’accumuler, pas de problème. Si un gel hâtif se présente ou que le temps frais empêche le mûrissement, le grain de ces plants sera plus humide à la récolte.

« Si vous avez une partie du maïs à 28 % et l’autre à 33 % d’humidité, il faudra sécher en fonction de 33 % d’humidité. Il pourrait y avoir du maïs qui surchauffe au séchage et une qualité moindre à la sortie du séchoir. »

Soya
Du côté du soya, le retard se traduit par des plants moins longs. La levée est moins inégale que dans le maïs, mais le soya a quand même souffert d’avoir reçu trop de pluie.

Le soya étant une plante photosensible, sa période végétative pourrait déjà être terminée, mais étant donné le temps ennuagé, il se pourrait qu’il ne se soit même pas rendu compte que le solstice d’été est passé!

Comme à chaque année, ce sont les cultures dans les sols bien structurés, bien drainés et dont l’égouttement de surface est adéquat qui s’en tirent le mieux. Avec les extrêmes météorologiques qui semblent survenir presque à chaque année, une bonne structure de sol est devenue indispensable, soutient Sylvain Payant. « À chaque année, la météo nous surprend. Il est là le défi de l’agriculture! »

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