Ce mystérieux potassium

Vous vous étonnez d’une grande variabilité du taux de potassium dans vos échantillons de sol d’une année à l’autre? Ce phénomène est tout à fait normal et il est intéressant d’en comprendre les causes.

Scott Murrell, chercheur à l'International Plant Nutrition Institute. PHOTO : André Dumont

Scott Murrell, chercheur à l’International Plant Nutrition Institute. PHOTO : André Dumont

Cette variabilité intrigue profondément Scott Murrell, chercheur à l’International Plant Nutrition Institute, en Géorgie, aux États-Unis.

Graphiques à l’appui, Scott Murrell démontre que la teneur en potassium dans un champ qui n’est pas fertilisé aura tendance à chuter à moyen et long terme. Par contre, la baisse peut se faire en dents de scie, avec des pics à la hausse certaines années.

Plusieurs facteurs influent sur la teneur en potassium d’un échantillon de sol. Cette variabilité s’observera même si vous prélevez toujours vos échantillons de sol aux mêmes endroits et au même moment de l’année.

La culture de la dernière saison est en soi un facteur de variabilité. Dans le soya, 80 % du potassium se trouve dans les graines. À la récolte, on se trouve donc à appauvrir notre sol bien plus qu’en récoltant du maïs grain qui lui, à l’inverse, concentre seulement 20 % de son potassium dans son grain.

Les cultures qui incluent aussi les tiges et les feuilles contribuent à un prélèvement élevé du potassium dans le sol, qu’il s’agisse de luzerne ou de maïs-ensilage. Il importe donc de fertiliser en potassium en tenant compte de ce que la dernière culture a pu prélever.

Résidus
La teneur en potassium dans le sol dépend aussi des résidus au sol et des précipitations. Contrairement au phosphore, le potassium n’a pas besoin de la décomposition microbienne. Le potassium s’échappe des résidus par lessivage, lors des pluies, avant de s’infiltrer dans le sol.

« La quantité de potassium qui sort des résidus dépend des précipitations, a expliqué Scott Murrell. Si on prélève un échantillon de sol à l’automne après la récolte, il reste encore du potassium dans les résidus, qui n’est pas encore retourné au sol. »

La différence entre un échantillon de sol à l’automne ou au printemps sera moins importante après une récolte de soya, puisque c’est entre l’atteinte de la maturité physiologique et la récolte que le potassium s’échappe du plant de soya, a précisé Scott Murrell.

Profondeur
Si vos échantillons de sol ne sont pas tous prélevés à la même profondeur, cela influera aussi sur les résultats. Le sol est plus riche en potassium près de sa surface, ce qui est encore plus vrai en travail du sol réduit.

Humidité
Selon les types de sol, le taux de potassium observé lors des analyses peut grandement varier en fonction de l’humidité dans le sol. En général, plus le sol est sec, plus le taux de potassium est bas.

Des comparaisons en laboratoire dans le Midwest ont révélé que le résultat des analyses de potassium dans le sol variait beaucoup entre les échantillons séchés et les échantillons qui avaient conservé la même humidité qu’au champ. Selon Scott Murrell, il faut donc s’assurer de bien calibrer nos échantillons et nos équipements d’analyse.

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