Chantage américain : sida contre OGM

Washington (États-Unis), 21 mai 2003 – Greenpeace a déposé une requête auprès de l’État du Tennessee pour qu’il mène une enquête éthique concernant le projet de loi du sénateur et médecin Bill Frist qui prévoit l’arrêt de l’envoi de médicaments contre le sida aux pays qui refuseraient les aliments génétiquement modifiés (GM). Greenpeace demande également que le permis de pratiquer la médecine soit retiré au sénateur Frist.

« Bien que nous reconnaissons la nécessité de l’aide apportée aux personnes atteintes du Sida, nous dénonçons la tentative du Dr Frist de marchander la lutte au Sida contre la pénétration des OGM en Afrique », déclare Charles Margulis de Greenpeace USA. « En menaçant de suspendre l’envoi des médicaments contre le Sida parce que des gouvernements africains refusent l’aide alimentaire contenant des OGM, le Sénateur Frist pratique un chantage médical odieux ».

La requête de Greenpeace s’appuie sur les codes de l’éthique médicale de plusieurs sociétés médicales américaines, incluant l’American Medical Association et l’American College of Physicians. Greenpeace a relevé trop types de violation éthique : la violation des responsabilités des médecins envers leurs patients et la société ; la violation des responsabilités du médecin concernant le consentement non coercitif de son patient et, finalement la violation des responsabilités du médecin en cas de conflit d’intérêts.

Dans sa requête, Greenpeace explique que le docteur Frist tente de forcer les nations africaines d’accepter les aliments OGM en suggérant que cela soit conditionnel à l’octroi de fonds pour la prévention du Sida. Cette démarche est contraire au devoir du médecin de protéger et de garantir le libre choix. La tentative du docteur Frist de soumettre au chantage les victimes du Sida doit être condamnée.

Le texte du projet de loi du Sénateur Frist s’énonce ainsi : « Bien que les États-Unis soient en faveur de fournir de l’aide alimentaire aux pays dans le besoin, un certain nombre de pays s’oppose en partie ou en totalité à l’aide offerte craignant des modifications génétiques mineures des aliments. Il est donc résolu par le Congrès que le programme d’aide alimentaire des États-Unis soit accepté par les pays qui ont de fortes populations infectées par le VIH/SIDA, en particulier les pays africains, afin de nourrir ces populations dans le besoin.»

La requête de Greenpeace cite comme témoin la Global Aids Alliance, la Society of Women Against AIDS in Africa et, le Center for Environmental Health.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada
http://www.greenpeacecanada.org/

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