Cinq enjeux pour 2014

Économiste agricole en chef à Financement agricole Canada, Jean-Philippe Gervais nous propose un survol de cinq enjeux économiques importants à surveiller en 2014. À noter que Jean-Philippe Gervais sera l’un des conférenciers lors des Conférences du Bulletin des agriculteurs au Salon de l’agriculture, le 16 janvier à Saint-Hyacinthe. Il nous parlera du prix de location des terres.

Valeur des terres agricoles
La valeur des terres agricoles en Amérique du Nord s’accroît rapidement depuis plusieurs années, mais elle pourrait bientôt atteindre un plateau, d’après Jean-Philippe Gervais.

Une récolte record en 2013 pour de nombreux producteurs de céréales et d’oléagineux signifie une augmentation des stocks mondiaux et une baisse des prix qui se rapprochent ainsi davantage de la moyenne. Au cours des dernières années, les prix se sont situés au-dessus de la normale. Une baisse des prix des produits de base pourrait faire en sorte que nombre de producteurs soient moins enclins à prendre de l’expansion, ce qui se traduirait par une augmentation moins marquée de la valeur des terres.

« De nombreux producteurs surveilleront la conjoncture afin de déterminer s’ils devraient acheter d’autres terres ou rembourser certaines dettes, soutient Jean-Philippe Gervais. Plusieurs de leurs décisions seront fondées sur les prévisions des prix des produits de base, leur marge de profit actuelle et le montant qu’ils ont investi dans les terres au cours des dernières années. »

Accords commerciaux

L’accord de principe entre l’Union européenne et le Canada quant à l’Accord économique et commercial global (AECG) fait peut-être les manchettes, mais le Canada participe aussi à la négociation d’autres accords commerciaux importants, comme le Partenariat transpacifique (PTP).

Ces deux accords commerciaux représentent un effort concerté du Canada visant à réduire sa dépendance à son principal partenaire commercial, les États-Unis, où sont acheminées 30 % de ses exportations agricoles et deux tiers de ses exportations agroalimentaires. Puisque l’industrie agricole canadienne dépend trop d’un seul marché, elle est vulnérable aux replis de l’économie américaine.

Une fois ratifié, l’AECG ouvrira un marché de 500 millions de consommateurs aux produits agricoles canadiens, tandis que les négociations du PTP touchent 12 pays, incluant la Nouvelle-Zélande, l’Australie, le Vietnam, la Malaisie, le Japon et les États-Unis.

« Grâce à ces deux ententes, tous les secteurs de l’industrie agricole canadienne pourront profiter d’occasions et devront relever certains défis, ajoute Jean-Philippe Gervais. Nous devons commencer à nous préparer à gérer nos affaires dans un nouvel environnement. »

Politique et économie américaines
Aux États-Unis, la lutte politique interne créera sans doute davantage d’incertitude. Le différend a entraîné une fermeture partielle des services publics cette année et continue de représenter un risque quant à la capacité des États-Unis d’honorer leur dette.

Jean-Philippe Gervais prédit toutefois que les conditions s’amélioreront chez nos voisins du Sud. La Réserve fédérale des États-Unis a récemment commencé à assouplir sa politique monétaire agressive en raison d’un regain du marché du travail et de l’amélioration de la situation financière des ménages américains.

« Cet assouplissement peut avoir un impact considérable sur les marchés financiers, principalement sur la valeur des devises des marchés émergents, ce qui aura une incidence sur la compétitivité des produits agricoles canadiens », soutient Jean-Philippe Gervais.

La querelle empêche aussi les législateurs américains d’élaborer un plan à long terme en ce qui concerne la loi agricole américaine (Farm Bill), qui finance de nombreux programmes importants visant à offrir du soutien aux agriculteurs et une aide alimentaire aux familles à faible revenu. Les législateurs ont récemment approuvé une prolongation à court terme du Farm Bill de 2008 et ont confiance en l’adoption d’un nouveau Farm Bill au début de 2014.

« L’absence d’une loi agricole quinquennale suppose le maintien du statu quo pour l’instant, explique Jean-Philippe Gervais. La loi agricole touche indirectement les producteurs canadiens, car elle influence le type de cultures ensemencées aux États-Unis et, par conséquent, les prix mondiaux. »

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