Compaction de printemps

Pas de traces, pas de compaction? Attention! Au printemps, le sol peut être sec en surface, mais même si les pneus des équipements n’enfoncent pas, ils peuvent quand même provoquer de la compaction.

« Au printemps, le sol s’assèche à partir de la surface. Plus on descend dans le sol, plus la teneur en eau devient importante. À plus de quatre tonnes par essieu, on commence à compacter », explique Bruno Garon, ingénieur agricole au MAPAQ.

Bruno Garon, ingénieur agricole au MAPAQ - PHOTO : André Dumont

Bruno Garon, ingénieur agricole au MAPAQ – PHOTO : André Dumont

Le sol étant gorgé d’eau à quelques pouces sous sa surface, il est vulnérable à la compaction. Le passage d’une benne à lisier peut être très dommageable, même si en apparence, le sol semble sec. La vaste majorité des bennes à lisier portent encore des pneus biais qui ne se déforment pas et leur poids par essieu dépasse les dix tonnes, déplore Bruno Garon.

Autre opération à proscrire au printemps : le sous-solage. Avant le 15 juin, le sol est sûrement encore humide à 30 centimètres et plus. Dans ces conditions, on pourrait empirer la situation en lissant en profondeur plutôt qu’en faisant éclater la terre par temps sec.

Le sous-solage par temps humide crée une voie d’infiltration pour l’eau, ce qui peut mener à la formation de nappes perchées dans le sol. L’eau n’arrivera pas à s’infiltrer plus en profondeur et s’y accumulera.

Semoirs
Les pneus des gros semoirs équipés de lourds réservoirs à engrais peuvent créer de la compaction et nuire à la croissance des plants de maïs près de leurs traces, prévient Bruno Garon. Malheureusement, le choix de pneus pour les semoirs est très limité.

À l’avenir, il sera possible d’ajuster automatiquement à la hausse la pression des unités de semis près des pneus, pour un semis mieux réussi sur ces rangs. Il existe aussi des systèmes de télégonflage pour dégonfler automatiquement les pneus des semoirs une fois au champ et les regonfler pour la route.

En attendant la commercialisation généralisée des systèmes de télégonflage, il est possible de gérer intelligemment la pression des pneus de tracteur en fonction des travaux et de la circulation sur la route, croit Bruno Garon. « On peut faire trois ou quatre ajustements par saison. Par exemple, pour les semaines à passer le vibro, on baisse à 9 lbs, puis quand on se remet à faire souvent de la route, on remonte à 12 lbs. On peut abaisser à nouveau la pression pour les travaux d’automne. »

Le sol à l’automne est souvent en situation inverse du printemps : mouillé en surface et sec en profondeur. Les pneus laisseront des traces visibles en surface, mais le sol pourrait être moins vulnérable à la compaction en profondeur. Par contre, les équipements de récolte sont bien plus lourds que les équipements de préparation de sol et de semis!

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