Déclin des pucerons

C’est le début de la fin pour le puceron du soya. Au Québec cette année, ce ravageur aura causé peu de dommages. Les experts du Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) s’attendent à un important déclin des populations cette semaine.

La semaine dernière, 49 % des champs dépistés par le réseau de surveillance du RAP ont atteint le stade R6. Il n’est donc plus recommandé d’intervenir avec un insecticide dans ces champs. Les populations ont augmenté de 21 % depuis la semaine précédente, pour atteindre une moyenne de 252 pucerons/plant pour les 114 sites dépistés la semaine dernière par le réseau.

Toutefois, on observe une diminution des moyennes de population dans les champs qui dépassaient le seuil d’alerte la semaine dernière. C’est dans les champs avec les populations les plus élevées (plus de 500 pucerons/plants) que cette baisse a été en moyenne la plus importante. Si on considère uniquement les champs qui avaient des populations plus élevées que le seuil d’alerte de 250 pucerons/plant, les populations ont diminué pour 17 des 30 champs concernés.

Aucun conseiller n’a rapporté de situation critique au Québec la semaine dernière pour des champs qui ne font pas partie du réseau.

Consultez les cartes des captures hebdomadaires effectuées au Québec (PDF).

Crash prochain des populations?
Il y a plusieurs raisons de croire que les populations cesseront d’augmenter et même qu’elles baisseront à partir de cette semaine dans la majorité des champs qui atteignent ou dépassent le seuil d’alerte :

-À chaque année d’infestation impaire depuis 2005, une telle baisse des populations dans les champs avec les populations les plus élevées a été suivie la semaine suivante d’un crash généralisé des populations au Québec.
-Les ennemis naturels sont présents dans 97 % des champs dépistés et on observe deux fois plus de pucerons infectés par des champignons entomopathogènes qu’il y a deux semaines.
-À l’échelle provinciale, la proportion de pucerons blancs nains a continué d’augmenter et atteignait 40 % au début de la semaine. Or, des travaux de recherche démontrent que ces pucerons vivent deux fois moins longtemps et donnent naissance à une progéniture 70 % moins nombreuse que celle des pucerons normaux. Ils sont par ailleurs beaucoup plus petits et se retrouvent généralement en plus grand nombre sur le bas des plants. Une proportion élevée de pucerons blancs nains a donc pour effet de ralentir considérablement le taux de croissance des populations.
-De plus, puisque les pucerons blancs sont beaucoup plus petits que les pucerons normaux, les insectes prédateurs qui s’en nourrissent doivent en consommer davantage pour satisfaire leurs besoins alimentaires. C’est pourquoi l’apparition en grand nombre de ces pucerons blancs peut entraîner une baisse des populations même si le nombre de prédateurs par plant n’augmente pas.

Consultez la version complète de l’avertissement du 19 août 2011 (PDF).

à propos de l'auteur

Articles récents de André Dumont

Commentaires