Dernier bilan du Groupe de travail « Un environnement à valoriser »

Québec (Québec), 10 février 2005 – Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation rend public le cinquième et dernier bilan des membres du Groupe de travail « Un environnement à valoriser ». Le bilan fait état de la réalisation des actions prévues dans le plan d’action 1998-2005 de ce comité.

Parmi les faits saillants au 31 mars 2004, mentionnons l’introduction progressive de mesures d’écoconditionnalité dans les programmes publics de soutien financier, la réalisation de travaux visant à diminuer la pollution diffuse dans plus de 850 fermes, une augmentation de 18 % des effectifs des clubs-conseils en agroenvironnement (CCAE) ainsi que la réalisation d’un sondage sur les pratiques agroenvironnementales des fermes du Québec.

Le plan d’action « Un environnement à valoriser » est le résultat d’un large consensus des partenaires du secteur agricole sur l’accélération du virage agroenvironnemental des fermes québécoises. Présidé par Me Jules Brière, le Groupe était composé de représentants de l’Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN), de l’Union des producteurs agricoles (UPA), de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), de l’Ordre des agronomes du Québec (OAQ), du ministère de l’Environnement (MENV), du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), du ministère des Affaires municipales, du Sport et du Loisir (MAMSL), de l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), de la Coop fédérée et de l’Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière (AQINAC).

Écoconditionnalité et appui technique et financier
Les membres du Groupe ont notamment travaillé à établir les principes d’application de l’écoconditionnalité et les conditions d’introduction de ce concept destiné à lier les programmes publics de soutien financier au respect de normes environnementales. Notons que, depuis janvier 2005, la Financière agricole du Québec a commencé à intégrer des mesures d’écoconditionnalité à ses programmes de financement et d’assurance.

Par son programme Prime-Vert, le MAPAQ a encouragé la réalisation de plusieurs projets à portée agroenvironnementale. Ainsi, un peu plus de 850 fermes au Québec ont effectué des travaux visant à réduire la pollution diffuse d’origine agricole et son impact sur l’environnement. Ces travaux incluent l’aménagement de haies brise-vent, l’implantation de bandes riveraines et le retrait des animaux des cours d’eau.

Le MAPAQ a soutenu financièrement l’acquisition de 185 rampes d’épandage de lisier par les exploitations agricoles. C’est plus du double de l’année précédente, où 70 rampes avaient été financées. Notons que l’utilisation de ce type d’équipement permet de réduire les odeurs, favorisant ainsi la cohabitation harmonieuse en milieu agricole.

Le Ministère a également appuyé financièrement les activités de près de 7000 producteurs adhérents des 82 CCAE. L’effectif de ces clubs a augmenté de 18 % en 2003-2004. Les productrices et les producteurs adhérents des CCAE utilisent la lutte intégrée contre les ennemis des cultures sur 42 % de leurs superficies nécessitant des interventions phytosanitaires. Ils optent également pour le travail réduit du sol (ex : culture sur billon, travail avec chisel, semis direct) sur 49 % de leurs superficies. Ce ne sont là que quelques-unes des pratiques respectueuses de l’environnement privilégiées par les exploitants agricoles membres des CCAE.

Études, innovations et R-D
Plusieurs ministères québécois ont participé à la préparation d’une étude réalisée dans sept bassins versants en surplus de fumier et portant sur la qualité de l’eau potable et son impact potentiel sur la santé. Cette étude, rendue publique en décembre 2004, a permis de tracer un portrait rassurant en ce qui concerne la qualité de l’eau et les risques pour la santé auxquels doivent faire face les résidents des zones d’agriculture intensive. Il n’en reste pas moins que la vigilance s’impose et que les producteurs agricoles doivent prendre les mesures nécessaires pour bien maîtriser les risques de pollution agricole.

Par ailleurs, le MAPAQ, l’UPA et Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) se sont associés pour réaliser, cinq ans après l’établissement du Portrait agroenvironnemental des fermes du Québec, un sondage statistiquement représentatif sur les pratiques agroenvironnementales des entreprises agricoles. Des producteurs choisis au hasard ont répondu à un questionnaire détaillé sur leurs pratiques agricoles. Les résultats de ce sondage seront bientôt disponibles.

De son côté, l’IRDA, un chef de file dans le développement de la connaissance et des technologies agroenvironnementales au Québec, a réalisé 122 projets de recherche et de développement touchant la gestion des fumiers et des fertilisants, la conservation des sols ou encore l’utilisation des pesticides.

Le système de gestion environnementale AGRISO a par ailleurs été implanté dans 18 entreprises partout au Québec. Le projet AGRISO permettra, d’ici le 31 mars 2005, d’élaborer et d’implanter dans 76 fermes une certification agroenvironnementale à laquelle auront ensuite accès toutes les entreprises agricoles désireuses de s’inscrire dans une démarche d’excellence sur le plan environnemental.

Enfin, les partenaires des industries de nutrition animale et céréalière ont poursuivi leurs efforts visant la réduction des rejets d’azote et de phosphore dans les déjections animales. Ainsi, l’utilisation de programmes d’alimentation multiphase, réputés pour être efficaces en cette matière, s’accroît d’année en année. En outre, 90 % des moulées porcines et 40 % des moulées destinées à la volaille produites par le réseau coopératif contiennent de la phytase, ce qui réduit la quantité de phosphore dans les déjections.

Information et sensibilisation
De nombreuses activités de sensibilisation sur divers outils de gestion agroenvironnementale, sur l’entreposage étanche des fumiers ainsi que sur des modes et des moments d’épandage respectueux du voisinage ont été réalisés auprès des producteurs par le personnel des organisations membres : les industries de nutrition animale et céréalière, certains ministères dont le MAPAQ et le MENV, l’Ordre des agronomes du Québec et l’UPA. Des activités de sensibilisation ont également été organisées à l’intention du personnel du milieu municipal concernant la protection des cours d’eau.

Rappelons que l’objectif général du Groupe de travail « Un environnement à valoriser » était que les quelque 20 000 fermes représentant près de 90 % de l’activité agricole au Québec entreprennent pour 2005 l’adoption de pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. La mise à jour des informations agroenvironnementales qui sera rendue publique prochainement fera état des progrès réalisés dans ce domaine par les exploitations agricoles du Québec.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Clubs-conseils en agroenvironnement
http://www.clubsconseils.org

Coopérative Fédérée de Québec
http://www.coopfed.qc.ca/

Fédération Québécoise des Municipalités (FQM)
http://www.fedeqm.qc.ca/

Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA)
http://www.irda.qc.ca/

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.mapaq.gouv.qc.ca

Ministère de l’Environnement du Québec
http://www.menv.gouv.qc.ca

Ministère des Affaires municipales et de la Métropole
http://www.mam.gouv.qc.ca/

Ordre des agronomes du Québec
http://www.oaq.qc.ca/

Union des municipalités du Québec (UMQ)
http://www.umq.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN)
http://www.uqcn.qc.ca/

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