Faut-il craindre la résistance aux fongicides?

Est-ce l’utilisation répétée de fongicides pourrait entraîner la résistance de certaines maladies, comme c’est le cas avec certaines mauvaises herbes devenues résistantes à des classes d’herbicides?

Cela est possible, mais selon toute vraisemblance, il n’y a pour l’instant rien à craindre, disent des experts interrogés par le magazine Country Guide.

Les mauvaises herbes peuvent pousser dans le même champ année après année, peu importe la culture principale. Les maladies fongiques, pour leur part, ont besoin de trois conditions qui ne reviennent pas chaque année : la présence du pathogène, la présence d’une plante hôte et les bonnes conditions environnementales pour l’éclosion.

Il y a deux ans, une population de soya dans le centre des États-Unis a été trouvée infectée de cercosporose (frog-eye leaf spot) résistante aux fongicides de type strobilurine.

Toujours aux États-Unis, on soupçonne que des souches de dessèchement dans le maïs (northern leaf blight) aient développé une résistance aux fongicides.

Toutefois, il est important de noter qu’il n’y a à ce jour aucun cas de résistance aux fongicides avéré dans le maïs, au Canada comme aux États-Unis. Dans le soya, les cas sont très peu nombreux.

En Ontario et au Québec, les rotations de cultures contribuent à réduire la probabilité d’apparition de résistance aux fongicides. En monoculture et avec l’usage des mêmes fongicides année après année, le risque serait plus élevé.

On note aussi que la plupart des fongicides sont déjà formulés avec au moins deux modes d’action, ce qui laisse aussi moins de place au développement de résistances.

Source : Country Guide

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