France : dispositif de dépistage de l’ESB chez les ovins renforcé

Paris (France), 19 avril 2005 – La France va renforcer son dispositif de dépistage des cas d’ESB (encéphalopathie spongiforme bovine) chez les ovins afin de réduire les risques d’exposition aux prions pour les consommateurs, annonce le ministère de l’Agriculture.

Cette décision, dont la date de mise en application n’a pas été précisée, intervient après un avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) jugeant « inadéquat » le dispositif national en vigueur depuis 2002 pour les ovins.

Fin janvier 2005, la Commission de Bruxelles faisait état du premier cas au monde d’ESB chez une chèvre originaire d’Ardèche et abattue en 2002. Aucune recommandation n’a été faite en vue d’un changement dans les habitudes de consommation des produits issus des caprins, mais Bruxelles a recommandé un renforcement des tests et du programme de surveillance.

Dans son avis publié mardi, l’Afssa considère que le dispositif actuel pour les ovins « est inadéquat par rapport à la réalité de la situation épidémiologique actuelle ».

L’agence estime en outre que « l’évolution des connaissances et des outils de dépistage depuis 2002 permet désormais de proposer des mesures complémentaires » au dispositif en vigueur depuis 2002 en France.

Elle insiste sur la nécessité de « diminuer l’exposition » des consommateurs aux risques d’EST (encéphalopathie spongiforme transmissible) en optimisant notamment le système d’identification des petits ruminants et en pratiquant un dépistage systématique des troupeaux contaminés.

L’Afssa préconise aussi de tester chaque carcasse destinée à la consommation humaine et d’organiser la collecte du lait à partir des seuls troupeaux indemnes.

« A la lumière de cet avis, le gouvernement a décidé de renforcer les mesures actuellement mises en oeuvre dans l’espèce ovine », annonce le ministère de l’Agriculture dans un communiqué.

L’objectif, précise-t-il, est de « préserver la santé publique et la santé animale ». Le dispositif sera « axé » sur une augmentation des tests de dépistage à l’EST à l’abattoir et à l’équarrissage.

Conformément à une décision européenne, un programme de dépistage « renforcé » a été instauré au début de cette année en France pour les caprins, souligne le ministère.

Il a permis de tester plus de 40 000 animaux. Aucun cas d’ESB n’a été suspecté, ni détecté, précise le ministère.

Il annonce avoir transmis l’avis de l’Afssa à la Commission européenne « afin qu’il contribue » à des travaux d’évaluation pour lesquels l’Autorité européenne de sécurité des aliments doit donner un avis en juillet.

Une centaine de personnes dans l’Union européenne ont succombé à la variante humaine de l’ESB après avoir consommé de la viande bovine contaminée.

Source : Reuters

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