Greenpeace souhaite que les sociétés soient tenues responsables de la contamination par des cultures génétiquement modifiées

Toronto (Ontario), 19 février 2007 – Greenpeace demande aux spécialistes qui se réunissent à Montréal d’aborder le sujet de la responsabilité des sociétés productrices de cultures génétiquement modifiées, afin qu’elles soient tenues responsables des répercussions environnementales et économiques d’une contamination par ces cultures.

« Il est urgent de conclure un traité de responsabilité solide », soutientJosh Brandon, responsable de la campagne de Greenpeace. « 2006 a été la pireannée à ce jour pour ce qui est de la contamination par des OGM. AuxEtats-Unis, les agriculteurs sont ébranlés par les coûts économiques duscandale du riz LL601 de Bayer; cette société a fait l’objet de plus de60 poursuites devant les tribunaux américains. En mettant en application untraité solide, les entreprises qui tirent parti de cette technologie paierontpour les dommages économiques et environnementaux qui en découlent. Sinon, ceseront les petits agriculteurs du monde entier qui en subiront lesrépercussions. »

C’est manifestement le cas des agriculteurs biologiques de laSaskatchewan; nombre d’entre eux déplorent de ne plus pouvoir cultiver decolza en raison de la contamination et ont engagé des poursuites en justicecontre les sociétés responsables. La situation des agriculteurs de laSaskatchewan est l’un des neuf cas de contamination par des culturesgénétiquement modifiées répertoriés au Canada dans un registre disponible enligne, à : www.gmcontaminationregister.org (2). Au total, le registre contient142 cas de dissémination non intentionnelle, de culture illégale et derépercussions néfastes sur l’agriculture répertoriés dans le monde au coursdes dix dernières années.

Le registre est associé au Rapport du registre sur la contaminationgénétique, lancé aujourd’hui en marge de la réunion, à Montréal, du Groupe detravail d’experts juridiques et techniques sur la responsabilité et laréparation, dans le cadre du Protocole de Cartagena sur la prévention desrisques biotechnologiques(3). Le rapport en question, produit par GreenpeaceInternational en collaboration avec GeneWatch UK, vise à mettre en lumière leproblème naissant de la contamination génétique des cultures par des OGM. Ilbrosse un portrait détaillé des principaux cas de contamination signalésautour du globe(1) en 2006.

En outre, il rend compte de la menace de contamination del’approvisionnement en semences de mais et des répercussions, en aval, decette contamination sur les variétés traditionnelles de la céréale. Lescultures de mais génétiquement modifié sont à l’origine de près du tiers descas de contamination signalés depuis dix ans. En 2006, quatre cas decontamination de grains de mais ont été répertoriés, et ce, dans quatre pays.Si la contamination de cette céréale est sérieusement problématique pour lesagriculteurs et les consommateurs du monde entier, elle l’est encore davantagedans les régions où l’on cultive toujours des variétés traditionnelles. Bienque, pour le moment, le Mexique (terre d’origine du mais) n’autorise pas latenue d’essais pratiques sur le mais génétiquement modifié ni l’agriculturecommerciale de ce dernier, des variétés traditionnelles de la céréale y ontété contaminées. On considère également que le Brésil (qui constitue égalementune terre de diversité pour le mais et qui a vu naître une multitude devariétés indigènes recherchées) est exposé à un risque élevé.

« La contamination par des cultures génétiquement modifiées est unproblème de plus en plus grave que les différents pays ne peuvent ignorer »,affirme M. Brandon. « Il est nécessaire de prendre des mesures pour protégerles agriculteurs et pour respecter le choix des consommateurs de ne pasconsommer d’aliments génétiquement modifiés. L’imposition de pénalitésfinancières aux sociétés biotechnologiques permettra de mieux protéger lesprochaines générations contre l’intrusion d’OGM dans les aliments et lessemences. »

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada
http://www.greenpeacecanada.org/

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