La fin du 82

La tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic a sonné le glas de l’ammoniac anhydre en agriculture au Québec. Le transport et la manutention de l’azote gazeux (82-0-0) comportent trop de risques et Synagri a décidé de ne plus l’offrir aux producteurs.

« C’est un produit avantageux, mais il y a des questions d’assurances et de responsabilité. Avec les événements de Lac-Mégantic, les actionnaires de Synagri ont décidé de laisser tomber », a indiqué au Bulletin.com Denis Lévesque, spécialiste en fertilisation chez ce détaillant d’intrants agricoles.

Synagri était le dernier à proposer l’ammoniac anhydre au Québec, après l’abandon par William Houde. Les installations de Saint-Robert étaient tout à fait sécuritaires et on avait même investi pour les améliorer il y a quelques années, nous assure Denis Lévesque.

Il s’avère que Synagri faisait affaire avec MMA – l’entreprise ferroviaire en cause à Lac-Mégantic – pour le transport du « 82 ». Récemment, un wagon contenant des surplus que Synagri retournait à un fournisseur a connu une fuite dans un village en Ontario. Il y a eu enquête et Synagri a été reconnue responsable en partie.

L’ammoniac anhydre demeurait prisé par plusieurs producteurs en Montérégie, a fait valoir Denis Lévesque. Il s’agissait de la forme d’azote la moins coûteuse. Puisqu’elle était généralement bien appliquée, à six pouces dans le sol, son usage par la plante était efficace.

« Comme c’est un gaz, il y a une diffusion dans le sol qu’on n’a pas avec le 32 (liquide) ou l’urée (granulaire), explique Denis Lévesque. Le 82 devait quand même se nitrifier pour devenir disponible pour la plante, alors que le 32 est disponible plus rapidement. »

Plus tôt cet hiver, une réunion a été organisée pour présenter aux utilisateurs d’ammoniac anhydre les autres formes de fertilisation azotée. L’adaptation devrait bien se passer, croit Denis Lévesque. « Avec du 32, les résultats seront au rendez-vous, mais pas au même prix. »

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