La science agricole canadienne fournit des solutions aux problèmes mondiaux de l’eau

Ottawa (Ontario), 20 mars 2003 – Le Canada vient en deuxième place, après la Finlande, parmi les pays qui possèdent les ressources en eau de la meilleure qualité, d’après le rapport des Nations Unies (ONU), L’eau pour les hommes, l’eau pour la vie, publié antérieurement ce mois-ci. Les auteurs du rapport classent 122 pays d’après la qualité de leurs ressources en eau et d’après l’aptitude de chacun à améliorer cette qualité et sa volonté de le faire.

Des chercheurs d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) sont à l’avant-garde des progrès en science agricole et de solides partenariats internationaux en proposant des solutions concernant la qualité de l’eau au Canada et partout dans le monde.

Au nom d’AAC, des chercheurs scientifiques, dont le Dr Ed Topp et Laurie Tollefson, gestionnaire du Centre de recherche sur l’irrigation, ont présenté aujourd’hui les résultats de recherches sur la technologie de gestion des eaux en agriculture et sur les projets hydrauliques internationaux, au Ottawa Valley Farm Show.

« L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture estime que l’utilisation mondiale des eaux en agriculture n’est pas très efficace et est responsable de 70 pour cent des prélèvements d’eau dans les projets d’irrigation de petite, moyenne et grande envergure, a expliqué M. Tollefson. L’efficacité de l’utilisation de l’eau dans l’agriculture irriguée sera un aspect déterminant du développement durable. La mise au point de nouvelles technologies et de techniques de gestion sera un facteur clé de la hausse de l’efficacité. »

Les représentants d’AAC ont discuté de recherches visant à aider l’industrie agricole à produire des aliments par des méthodes plus respectueuses de l’environnement, ont décrit les échanges de ces pratiques à l’échelle internationale et ont montré en quoi elles s’inscrivent dans les objectifs du Cadre stratégique pour l’agriculture, un plan d’action national visant à faire du Canada le chef de file mondial en matière de salubrité des aliments, d’innovation et de production respectueuse de l’environnement.

« Comme les pâturages et les terres agricoles représentent plus du tiers des surfaces émergées du globe, les agriculteurs ont un rôle énorme à jouer dans la protection de la qualité et de l’hygiène de nos eaux, a déclaré le Dr Topp. Par des recherches de pointe en agriculture, AAC aide à garantir que les agriculteurs disposent des meilleurs outils et compétences possibles pour protéger notre ressource la plus précieuse. »

Les présentations ont suivi la publication du récent rapport des Nations Unies sur la qualité de l’eau selon lequel le monde fait face à une grave crise liée à la qualité et à la rareté de l’eau, qui se poursuivra si aucune mesure corrective n’est prise.

Le Canada aide à améliorer la qualité des ressources en eau en transmettant ses compétences aux pays en développement. Grâce à ses efforts constants pour mettre au point de nouvelles technologies et améliorer les méthodes de gestion de l’eau, le Canada contribue à apporter des solutions grandement nécessaires aux pratiques agricoles non efficientes dans de nombreux pays.

Le Dr Topp a souligné que par ses recherches, AAC continue à mettre au point de nouvelles technologies qui pourraient être diffusées à l’échelle internationale.

« A titre d’exemple, citons un nouveau traitement appliqué au fumier animal utilisé comme engrais, a-t-il déclaré. En débarrassant le fumier de ses micro-organismes pathogènes dangereux avant qu’il ne soit appliqué au champ, on prévient la contamination possible de l’eau potable ou des eaux de plaisance. »

Le Canada possède 16 pour cent des ressources renouvelables en eau douce du monde et 20 pour cent des ressources totales en eau douce dans le monde, y compris les eaux emprisonnées dans les glaciers et la calotte polaire.

Le 22 mars sera la Journée mondiale de l’eau. Plus d’un milliard de personnes dans le monde n’ont pas accès à une eau potable saine.

Document d’information
La recherche d’AAC sur la qualité de l’eau a des avantages à l’échelle internationale

Pour alimenter la planète, il faut d’énormes quantités d’eau. A l’échelle internationale, 40 pour cent des aliments comestibles du monde sont cultivés sur des terres irriguées. Cependant, à l’échelle mondiale, l’efficacité de l’utilisation de l’eau sur les exploitations commerciales n’est que de 38 pour cent.

Le secteur agricole et agroalimentaire est l’une des plus grandes industries du Canada, et les hydrologues d’AAC jouent un rôle clé dans son développement constant. Leurs efforts ont abouti à des avantages significatifs pour l’environnement et les consommateurs, et ont suscité un intérêt international grandissant pour les compétences et les technologies canadiennes liées aux ressources en eau.

Le Cadre stratégique pour l’agriculture (CSA) aidera les scientifiques d’AAC dans leur recherche grâce au financement et à l’élaboration de programmes. Les agriculteurs canadiens disposeront ainsi des meilleurs outils possibles pour améliorer leurs méthodes de gérance et contribuer à la santé globale de l’environnement. Les connaissances et l’information peuvent alors être transmises à nos partenaires internationaux pour les aider à régler les problèmes environnementaux mondiaux, y compris ceux qui sont liés à la qualité de l’eau et à sa quantité.

Le CSA est un plan d’action national composé de cinq éléments : salubrité et qualité des aliments, environnement, science et innovation, renouveau et gestion des risques de l’entreprise. Le cadre a pour objectif de faire du Canada le chef de file mondial en matière de salubrité des aliments, d’innovation et de production respectueuse de l’environnement. Afin de contribuer à la réalisation de cet objectif, le volet environnement du CSA permettra d’accélérer les efforts visant à réduire les risques attribuables à l’agriculture et à améliorer les ressources en eau, en sol, en air du Canada ainsi que la biodiversité.

Dans un projet effectué en collaboration dans le Sud de l’Ontario, des chercheurs ont conçu un système d’irrigation où l’eau est recirculée ainsi que d’autres facteurs de production qui sont habituellement entraînés par les eaux de pluie et absorbés par le sol. Au lieu de les laisser pénétrer dans les eaux souterraines locales, elles sont maintenant conservées dans des réservoirs puis pompées dans les champs au cours des mois de sécheresse. Les résultats de l’étude réalisée en 2002 montrent une augmentation de 90 pour cent du rendement des champs de maïs et de 50 pour cent des champs de soja. Les partenaires dans cette collaboration sont l’Essex Region Conservation Authority et la Canada Trust Friends of the Environment Foundation.

Avec des universités, le secteur de la défense des végétaux, l’Administration du rétablissement agricole des Prairies et l’Institut national de recherche sur les eaux, les scientifiques d’AAC s’emploient à mettre au point des méthodes pour prévenir la contamination des eaux superficielles et souterraines par les pesticides. Les recherches ont montré que l’utilisation de pulvérisateurs munis de buses à faible dérive (libérant de plus grosses gouttes) peut réduire de façon considérable l’entraînement du brouillard de pulvérisation et l’effet des pesticides sur les eaux superficielles. Ils s’emploient également à apporter des améliorations aux pratiques à la ferme afin de diminuer l’entraînement et le lessivage des pesticides vers les eaux superficielles et souterraines.

Les percées de la science canadienne sont exportées de concert avec l’Agence canadienne de développement international. Les projets d’AAC fondés sur la recherche, comme le Programme national de gestion de la qualité et de la disponibilité de l’eau, permettent une utilisation sans risque des eaux de drainage, la compréhension des variables de l’offre et de la demande et l’amélioration des modes de collecte des données sur l’eau.

Certaines menaces pour les ressources en eau, comme les bactéries, les produits agrochimiques et les métaux lourds, sont aussi dans la mire des scientifiques d’Agriculture et Agroalimentaire Canada. L’équipe du Dr Ed Topp a mis au point une technique permettant de purifier le fumier et de réduire ainsi l’entraînement, ce qui améliore grandement la protection des eaux souterraines et des cours d’eau.

Historiquement, l’accent mis par les scientifiques d’AAC sur la qualité et la disponibilité de l’eau a permis d’aider des pays en développement à adapter et à adopter des technologies hydrauliques qui autorisent une utilisation plus efficace par les agriculteurs canadiens de leurs ressources la plus précieuse. Cités parmi les pays qui devraient connaître les plus fortes augmentations démographiques du monde ainsi que les raretés d’eau les plus aiguës au cours des prochaines décennies, des pays d’Afrique et d’Asie continueront à se tourner vers des scientifiques d’AAC innovateurs pour les aider à arroser leurs cultures afin qu’ils puissent manger.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

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