L’économie canadienne devrait reprendre de la vigueur

Toronto (Canada), juillet 2001 – L’économie canadienne devrait quitter son état de stagnation et retrouver une certaine vigueur au quatrième trimestre, mais la reprise sera modeste et des risques persistent, ont indiqué des économistes sondés cette semaine par Reuters.

Les 13 économistes ont prédit que la croissance du produit intérieur brut (PIB) se tiendrait tout juste sous les 2% au cours des deuxième et troisième trimestres avant de bondir vers les 3% en moyenne au quatrième trimestre.

Les prédictions d’une reprise au quatrième trimestre, basées sur la baisse générale des taux d’intérêt et l’espoir d’une reprise aux États-Unis, sont renforcées par la forte confiance des consommateurs et le secteur du logement.

« La plupart des points faibles au Canada ont été répertoriés dans tout ce qui touche aux exportations, notamment le secteur manufacturier », a indiqué Stéphane Marion, économiste à la Financière Banque Nationale à Montréal.

« Si le secteur redémarre, nous nous attendons à un volte-face de l’activité économique dans le troisième ou le quatrième trimestre, ce qui, selon toute évidence, poussera le PIB vers le haut ».

La croissance moyenne de l’économie canadienne atteindra 2,25% cette année, bien en dessous de la moyenne de 5% en 2000, indique le sondage.

Cela représente une tendance à la baisse des prévisions des économistes, dont les pronostics indiquaient une croissance de 2,47% dans un sondage précédent en avril.

« Ne vous attendez pas, cette année ou l’année prochaine, à un retour de la croissance connue lors des dernières années », a averti Adrienne Warren, économiste principale à la Banque Scotia.

« Je crois que les consommateurs resteront prudents. Les entreprises le seront certainement, même lorsque nous atteindrons la période de restructuration. »

L’économiste principal de UBS Bunting Warburg, George Vasic, prévoit quant à lui une reprise « anémique » et pense que l’économie pourrait encore stagner jusqu’en 2003. Il prévoit que la croissance pourrait être négative dans le second et le troisième trimestre, cette année.

« La menace d’une récession n’est pas à écarter », prévient Vasic.

Le principal risque pour le Canada, qui a réussi à éviter un ralentissement économique aussi brutal qu’aux États-Unis, se situe dans la confiance des consommateurs et l’importance de la reprise économique prévue en sol américain.

« Si les consommateurs commencent à faire des économies, nous allons avoir des problèmes », indique Scott Kinnear, analyste industriel chez Merrill Lynch Canada.

Réduire les taux pour s’acorder une assurance

« La banque (centrale) peut s’accorder une assurance en réduisant les taux, avec l’espoir que cela garde les consommateurs dans le jeu au nord de la frontière », a ajouté Kinnear.

« Mais principalement, c’est le sud de la frontière qui décidera de l’avenir et le plus tôt qu’ils renverseront la situation, le mieux ce sera pour nos exportations ».

La plupart des économistes prévoient que le cycle de facilitation du crédit au Canada — la Banque du Canada a abaissé cette année ses taux d’intérêt de 6% à 4,50% — prendra fin au quatrième trimestre.

Ils indiquent que la banque centrale devrait adopter une position neutre jusqu’au troisième trimestre de 2002, avant de peut-être augmenter les taux.

Les économistes s’attendent à ce que le dollar canadien termine l’année, en moyenne, à 1,4975$ contre le dollar américain, ou 68 cents US, un gain de 3 cents US par rapport au niveau actuel.

Le taux de chômage au Canada devrait se tenir autour de 7,2% dans la prochaine année — en juin, il conservait sa cote de 7% pour un quatrième mois consécutif — avant de diminuer au troisième trimestre de 2002.

Tous les économistes sondés croient que l’inflation de base, qui exclut les secteurs volatils de l’alimentation et de l’énergie, a atteint un sommet et devrait décliner progressivement jusqu’à 2,1%.

Ces estimations s’accordent avec celles du gouverneur de la banque centrale, David Dodge, qui prévenait à la fin juin que l’inflation serait volatile pour une période de deux mois avant de s’immobiliser autour de 2% à la fin de l’année, à condition que les prix du pétrole et du gaz naturel se stabilisent.

Source : Reuters

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