Le Canada vise le sommet pour son secteur agricole

Ottawa (Ontario), 23 juillet 2002 – Alors que l’Allemagne est reconnue pour son génie automobile et le Japon pour ses produits électroniques de consommation, le Canada ne vise rien de moins qu’une réputation internationale pour la qualité de ses produits agricoles et agroalimentaires.

Les ministres fédéral et provinciaux de l’agriculture ont franchi
une étape importante vers cette reconnaissance internationale en signant
une nouvelle politique agricole, à Halifax, le mois dernier.

Neuf des 12 gouvernements provinciaux et territoriaux ont déjà

paraphé le Cadre stratégique pour l’agriculture (CSA). Cette nouvelle
politique trace les grandes lignes d’un plan pour l’industrie en proposant
des mesures dans cinq domaines clés, soit la gestion des risques de
l’entreprise, la salubrité et la qualité des aliments, l’environnement, le
renouveau, ainsi que la science et l’innovation.

Cette nouvelle politique est en élaboration depuis juin 2001, au
moment où les ministres de l’agriculture du pays se sont rencontrés à
Whitehorse et se sont engagés à développer un plan d’action afin de faire
passer le secteur agricole canadien au-delà de la gestion de crise.

L’un des éléments clés du cadre stratégique, soit la gestion des
risques de l’entreprise, concerne directement la collectivité agricole,
qui est l’assise du secteur.

Par le passé, les administrations publiques ont aidé les
agriculteurs à faire face à une succession de crises (par exemple des

sécheresses, des inondations et la faiblesse des prix) en leur accordant
une aide d’urgence provisoire. Ces mesures ont atténué l’incidence de ces
événements sur la situation financière des agriculteurs, mais cette
approche de gestion de crise a donné lieu à une mosaïque de programmes de
revenu agricole.

Ces programmes n’aident toutefois pas les agriculteurs à agrandir
leurs entreprises et à prospérer.

Pour aider les agriculteurs à assumer ces risques, il faut faire
davantage que simplement suppléer à leur revenu. Il faut récompenser ceux
qui adoptent de saines pratiques de salubrité des aliments et de
protection de l’environnement, épauler les agriculteurs qui décident de
diversifier leurs activités et de tirer profit des sciences et de la
technologie, et encourager les producteurs à constamment améliorer leurs
compétences en affaires.

Si l’aspect gestion des risques du cadre stratégique fonctionne

bien, les agriculteurs canadiens auront accès aux outils dont ils ont
besoin pour s’améliorer en tant que gens d’affaires. Les administrations
fédérale et provinciales et les producteurs envisagent d’adopter une
approche intégrée qui permettra à ces derniers de disposer, dans un seul
programme global, de tout ce dont ils ont besoin pour faire face à des
problèmes financiers récurrents.

Pour être le meilleur, le Canada doit pouvoir offrir aux
consommateurs l’assurance que les aliments qu’ils achètent sont sains et
de première qualité. Pour ce faire, chaque maillon de la chaîne de
production, des agriculteurs aux épiciers, doit faire de la salubrité et
de la qualité des aliments sa grande priorité.

« Les agriculteurs savent qu’ils sont le point de départ de la
salubrité des aliments, affirme John Kolk, producteur et ex-président des
Producteurs de poulet du Canada. Les événements qui ont récemment défrayé
les manchettes à l’échelle mondiale ont très bien sensibilisé les
consommateurs aux problèmes de salubrité des aliments. »

« Il ne suffit pas aujourd’hui de dire : nous sommes de bonnes
personnes; nous avons été élevés sur une ferme et nous avons à coeur votre
bien-être, d’enchaîner M. Kolk. Il faut faire plus que cela : il faut
prouver que nos activités sur la ferme sont bonnes pour le consommateur. »

Les administrations publiques collaborent déjà avec le secteur à
élaborer des systèmes de suivi et de traçabilité qui renforceront la
salubrité des aliments partout dans le circuit de la production
alimentaire et permettront de s’assurer que si des problèmes de salubrité
des aliments surviennent, ils peuvent être cernés et corrigés sur le
champ.

Un grand nombre de fournisseurs canadiens ont déjà mis en place des
systèmes par lesquels ils peuvent prouver que leurs produits répondent aux
attentes de leurs clients et même les dépassent. Résultat : les produits
canadiens percent de nouveaux marchés, se fidélisent de plus en plus une
clientèle et, aspect très important, se vendent plus cher. La nouvelle
politique agricole du Canada s’appuie sur ces efforts et encouragera tous
les fournisseurs agricoles canadiens à emboîter le pas.

Un autre volet du nouveau cadre stratégique, soit l’environnement,
incitera le secteur agricole à adopter plus rapidement des pratiques
écologiques uniformes à l’échelle du pays.

« Il est intéressant de constater que toutes les fois que quelqu’un
effectue un sondage, celui-ci révèle que les Canadiens se soucient
d’agriculture beaucoup plus qu’on le croyait », affirme David Runnalls,
président de l’Institut international du développement durable.

« Vous vous rendez aussi compte très rapidement que l’une des
raisons pour lesquels ils se soucient d’agriculture est qu’ils croient les
agriculteurs responsables d’une grande partie de nos ressources de base en
environnement. Dans l’esprit des gens, il est évident qu’il y a un lien
entre l’agriculture et la conservation de l’environnement. »

L’adoption d’une approche pancanadienne uniforme au respect de
l’environnement dans le contexte du nouveau cadre stratégique n’aura pas
seulement un effet bénéfique sur l’environnement; elle aura aussi une
énorme incidence sur la mise en marché des produits canadiens et sur
l’image de marque de notre pays.

Par l’entremise du renouveau, un autre élément du cadre stratégique,
les gouvernements reconnaissent que la pratique de l’agriculture de nos
jours est une entreprise coûteuse et complexe. Pour réussir, il faut
s’engager à faire de l’apprentissage continu et à maîtriser de nouvelles
technologies. Avec l’aide des gouvernements, les nouveaux agriculteurs
ainsi que ceux déjà établis devraient être en mesure d’acquérir les
compétences et les ressources dont ils ont besoin pour gérer des
exploitations écologiques rentables.

La science et la technologie, le cinquième élément clé de la
nouvelle politique, ont toujours eu un effet marqué sur le secteur
agricole. Non seulement cette tendance persistera-t-elle, mais il est
clair que le rythme de l’innovation dans les sciences de la vie
s’accélérera rapidement. Il en découlera des possibilités accrues pour
l’agriculture dans le nouveau domaine qui s’appelle la bioéconomie.

« Plus nous en apprendrons en sciences de la vie, plus nous pourrons
appliquer ce savoir à la création de nouveaux produits à partir de nos
denrées agricoles de base, affirme Mordechai Rozanski, président de
l’Université de Guelph. Je parle ici notamment des carburants
renouvelables comme l’éthanol, des plantes qui serviront à produire de
nouveaux produits médicaux et même des bactéries qui pourront restaurer
des déchets dangereux. Je crois sincèrement que la liste des possibilités
est illimitée et qu’il en est de même des avantages éventuels.

« Entre autres avantages, il y a notre santé, notre sécurité, notre
environnement et notre économie. C’est le secteur agricole canadien qui
en tirera parti en étant au coeur de cette révolution des sciences de la
vie. »

Faire du Canada le chef de file mondial en agriculture est une
entreprise ambitieuse. Mais en visant haut, le secteur agricole et
agroalimentaire transmet un message fort sur son rôle et son importance
dans la vie quotidienne des Canadiens : il sera un moteur de l’économie,
un protecteur de l’environnement et le fournisseur des produits les plus
sains et de la meilleure qualité au monde.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Cadre stratégique pour l’agriculture (CSA)

http://www.agr.gc.ca/canadaentete/

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