Le prix Lionel-Boulet attribué à André Gosselin

Montréal (Québec), 26 octobre 2009 – La plus haute distinction accordée par le gouvernement du Québec dans le domaine de la recherche et du développement en milieu industriel, le prix Lionel-Boulet, revient cette année à l’horticulteur André Gosselin.

Un innovateur au service de l’alimentation
Il y a 25 ans, toutes les tomates et les laitues consommées durant l’hiver au Québec étaient importées. La saison des fraises, elle, se limitait au début de l’été. Grâce aux travaux du professeur André Gosselin et au dynamisme qu’il a insufflé à la recherche en horticulture au Québec, les choses ont bien changé.

Né en 1956 à l’île d’Orléans, André Gosselin est un pur produit du terroir québécois. Titulaire d’un doctorat en horticulture et biologie végétale de l’Université Laval, il est nommé professeur dans cette même université en 1984. Son premier objectif : aider les maraîchers à s’affranchir des rigueurs de l’hiver pour pouvoir concurrencer les producteurs étrangers. Avec plusieurs partenaires, dont Hydro-Québec, André Gosselin élabore une technologie d’éclairage photosynthétique pour les serres, qui permet de cultiver tomates, concombres, laitues ou poivrons en toutes saisons.

Cette technique est rapidement adoptée par plusieurs entreprises au Québec, mais aussi dans les pays scandinaves, aux États-Unis, en France et en Belgique. Sans pour autant délaisser son laboratoire, le chercheur se fait entrepreneur. Avec l’aide de sa famille, il fonde en 1989 Les serres du Saint-Laurent, qui connaît un succès commercial retentissant avec ses tomates de serre vendues sous la marque Savoura. La compagnie réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires de 35 millions de dollars, emploie 350 personnes et produit plus de 220 tonnes de tomates par semaine.

Par ailleurs, André Gosselin développe la culture du fraisier à production continue, dont on peut récolter les fruits de juin à septembre. Une vingtaine d’entreprises cultivent aujourd’hui ce type de fraises au Québec, dont Les Fraises de l’Île d’Orléans, fondée par le chercheur et sa famille en 1979. Il est aussi à l’origine des premiers cultivars de fraisiers et de framboisiers nutraceutiques au monde, qui contiennent un taux record d’antioxydants. En 2006, le professeur crée une nouvelle compagnie, Nutra Canada, pour commercialiser des extraits de ces petits fruits ainsi que des légumes et plantes médicinales.

André Gosselin travaille aussi à améliorer les pratiques horticoles pour réduire leur impact environnemental. Avec son collègue Serge Yelle, il invente une technologie de valorisation des résidus de désencrage pour la papeterie Daishowa de Québec. Ses résultats persuadent même les plus réticents qu’il n’y a aucun danger à épandre ces résidus compostés dans les champs. Cette technique a depuis été adoptée par plusieurs autres papetières.

En 1989, André Gosselin fonde le Centre de recherches en horticulture de l’Université Laval, qui compte aujourd’hui 150 membres. Directeur du Département de phytologie puis doyen de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation de 1995 à 1998, il est à l’origine de la création de l’Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels, chef de file de la recherche dans ce domaine au Canada. Le professeur est aussi le père de l’Envirotron, pavillon de l’Université Laval construit en 1993 au coût de douze millions de dollars, et l’un des cofondateurs, en 1997, des Floralies internationales de Québec, un événement qui a connu un grand succès touristique et horticole.

Père de trois enfants, Guillaume, étudiant en génie mécanique, ainsi que Jeanne et David, deux jumeaux de cinq ans, André Gosselin a publié quelque 150 articles scientifiques et donné plus de 300 conférences dans le monde, en plus de conseiller plusieurs grandes entreprises. Professeur très apprécié, il a encadré plus de 80 étudiants diplômés. En 1999, il a été le premier Québécois francophone à recevoir le titre de Fellow de la Société américaine des sciences horticoles.

Le prix Lionel-Boulet
Lionel Boulet (1919-1996) fut à l’origine de l’Institut de recherche en électricité du Québec (IREQ). Le prix qui porte son nom honore les personnalités qui se sont illustrées par leurs activités de recherche et de développement en milieu industriel.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Université Laval
http://www.ulaval.ca/

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