Le Québec doit changer de cap en matière de bioénergie

Montréal (Québec), 28 novembre 2008 – Les terres agricoles et les forêts québécoises recèlent un vaste potentiel d’énergie qui permettrait au Québec de réduire sa dépendance au pétrole, de régler des problèmes environnementaux et de développer l’économie de ses régions. Les partis politiques québécois, qui sont actuellement en campagne électorale, doivent proposer un nouveau modèle québécois sur l’exploitation de ces énergies vertes. Il faut absolument prioriser les projets qui réduisent les gaz à effets de serre (GES), soutiennent les communautés et ne soit plus axés uniquement sur production de carburant pour les automobiles. C’est ce qui ressort d’un important colloque sur les bioénergies qui réunissait plus de 400 personnes à Montréal ces derniers jours.

« L’avenir est dans le chauffage! », lance Christian Simard, directeurgénéral de Nature Québec qui organisait ce colloque conjointement avec leConseil québécois de la coopération et de la mutualité et l’Institut duNouveau Monde (INM). « Ce colloque a démontré à quel point il serait simple etprofitable d’exploiter nos bioénergies avec le minimum d’impacts négatifs pourchauffer les écoles, les hôpitaux et les autres édifices publics du Québec,comme le font déjà un nombre croissant d’agriculteurs avec leurs bâtiments. Ilfaut produire les bioénergies pour le monde avant les voitures ».

Produire du biodiésel avec de l’huile à friture récupérée, remplacer lemazout par le biogaz qui s’échappe du lisier de porc et des sitesd’enfouissement, chauffer les hôpitaux avec des résidus forestiers, produiredes granules combustibles avec une espèce végétale méconnue, le panic érigé :voilà autant d’applications concrètes de bioénergies utilisées actuellement auQuébec et qui ont suscité un immense intérêt auprès des participants aucolloque.

« Le développement de ces formidables innovations au profit descommunautés nécessite un plan d’action gouvernemental axé sur le partenariatavec les communautés, par exemple avec des coopératives, afin que chaquerégion puisse exploiter efficacement ses ressources et bénéficier concrètementdes retombées, notamment la création d’emplois », souligne Hélène Simard,présidente-directrice générale du Conseil québécois de la coopération et de lamutualité. « Les interventions et les échanges de ce colloque traduisent eneffet la nécessité d’une politique favorisant l’exploitation des bioénergiespar et pour les régions ».

Ce colloque constituait une première au Québec car il était organisé à lafois par des acteurs de la coopération, de l’éducation citoyenne et del’environnement. 400 participants ont débattu du rôle de l’Etat dans lesoutien des formes de bioénergie qui ont des impacts positifs pourl’environnement et l’économie. Au nombre des conférenciers, mentionnons entreautres Lionel Levac, journaliste à la radio de Radio-Canada et spécialiste desquestions liées à l’agroalimentaire, Michel Lachance du Centre québécois devalorisation des biotechnologies, Michel Cordeau de Bio-Diésel Québec, MartinGagnon de la Coopérative de développement régionalBas-Saint-Laurent/Côte-Nord, Eugène Gagné de la Fédération québécoise descoopératives forestières , Esteban Chornet d’Enerkem Technologies, JeanRoberge d’Ethanol GreenField, Claire Bolduc de Solidarité rurale Québec etDenis Richard, président de La Coop fédérée. Ce colloque fut possible grâce àl’appui financier de l’Initiative de développement coopératif – agriculture duCanada (IDC-Agri) et de La Coop fédérée.

« Au moment où nous devons repenser tant nos modes de production que deconsommation d’énergie, le développement des bioénergies représente uneformidable occasion de diversification économique pour les régions du Québecet ce colloque a permis d’éclairer le débat par les priorités exprimées parles citoyens, les agriculteurs, les forestiers et les coopérateurs québécoisprésents au colloque », conclut Michel Venne, directeur général de l’INM.

Plusieurs idées ont été lancées pour donner suite à ce colloque, telleque la création d’une coalition militant en faveur d’un développementrégionalisé des bioénergies, notamment en privilégiant le remplacement dumazout par des bioénergies solides moins dommageable.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ethanol GreenField
http://www.greenfieldethanol.com

La Coop Fédérée
http://www.coopfed.qc.ca/

Solidarité rurale
http://www.solidarite-rurale.qc.ca/

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