Le secteur agroalimentaire synonyme de stabilité économique selon une étude

Guelph (Ontario), 6 février 2001 – Selon une étude récente, le secteur agroalimentaire du Canada, une affaire de 65 milliards $, affiche un rendement digne de mention depuis l’accord de 1989 sur l’échange entre le Canada et les États-Unis et il aidera à stabiliser l’économie canadienne si 2001 accuse un recul.

Selon l’étude réalisée par Larry Martin et Kate Stiefelmeyer du George Morris Centre, la productivité du secteur agroalimentaire – mesurée en tant que valeur ajoutée par dollar de salaire – affiche une croissance constante depuis que l’accord est en vigueur.

Au pays, la performance du secteur s’est améliorée par rapport aux autres industries canadiennes -papier et textiles, électronique, transport, métaux. Le secteur agroalimentaire a produit une valeur ajoutée de 2,75 $ par dollar de salaire. Seul le secteur automobile est en avance avec 3,15 $ de valeur ajoutée par dollar de salaire. Tous les autres secteurs prennent du retard.

«Le bilan de l’agroalimentaire est remarquable,» a précisé Martin, le directeur général du centre. «C’est une pierre angulaire de l’économie canadienne, un élément qui peut aider à garder la stabilité de cette dernière au cours de la période que certains prédisent difficile.»

Selon l’étude commanditée par le Conseil canadien de commercialisation agroalimentaire (CCCA), la performance du secteur rend celui-ci beaucoup moins volatile et beaucoup plus à l’épreuve des fluctuations du cycle conjoncturel sous-jacent. Sa compétitivité lui permet de concurrencer les autres industries manufacturières en matière de main-d’oeuvre et de capitaux. Les ratios de valeur ajoutée démontrent que l’agroalimentaire est suffisamment rentable pour maintenir ou améliorer sa position relative.

Paradoxalement, les auteurs d’une autre étude ont constaté des déficiences de l’industrie agroalimentaire canadienne par rapport à sa contrepartie américaine depuis l’accord sur l’échange canado-américain. Malgré l’accès à l’énorme marché de nos voisins du sud, seule l’industrie canadienne de la graine oléagineuse se serait améliorée par rapport aux États-Unis.

Les auteurs précisent que d’autres industries – viande rouge, lait de consommation, fruits et légumes congelés – n’ont pas perdu beaucoup de terrain mais prennent du retard sur les États-Unis plutôt que d’améliorer leur position. Ils disent que ces groupes doivent consentir des investissements importants et trouver des façons de rehausser la valeur ajoutée. Autrement, ils risquent de se retrouver aux États-Unis.

Martin attribue l’écart entre les industries des deux pays aux taxes plus élevées et au système de réglementation exigeant du Canada.

«Si les décideurs canadiens considèrent ce manque grandissant de compétitivité comme un problème digne d’être réglé, il y aurait lieu de comprendre les raisons qui expliquent ce déclin et d’offrir d’autres solutions pour changer la situation,» a-t-il dit.

Fondé en 1990, le George Morris Centre est un organisme pancanadien sans but lucratif établi à Guelph (Ontario) et Calgary (Alberta). Le groupe de spécialistes du centre offre aux décideurs de l’industrie des renseignements et des analyses critiques sur des sujets qui affectent le secteur agroalimentaire canadien. Ses produits et services viennent en aide aux clients des secteurs public et privé qui s’adaptent au changement de même qu’à ceux qui l’initient.

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