Les associations de défense des animaux inquiètes des effets de la canicule en Europe

Paris (France), 11 août 2003 – Un million de poulets morts la semaine dernière, 36 000 truies, porcs ou porcelets décimés dans les Pays de la Loire, la quasi-totalité d’un élevage de porcelets disparu en Corrèze: les associations de défense des animaux s’inquiètent des effets de la canicule sur les vaches, porcs ou volailles.

« Nous venons d’apprendre que des bovins commencent à mourir dans les fermes à cause d’une nourriture déséquilibrée – conséquence de la sécheresse – et des effets de la canicule », a déclaré lundi à l’AFP Pierre Chevalier, président de la Fédération Nationale Bovine (FNB).

La canicule persistant en France, la Fondation Brigitte Bardot a demandé au ministère de l’Agriculture la mise en place immédiate de trois mesures pour diminuer la mortalité des animaux au cours de leur transport.

La Fondation réclame notamment la diminution du nombre d’animaux transportés par camion « pour favoriser la circulation d’air », la mise à disposition des bêtes « d’un abreuvement permanent » pour toutes les espèces et enfin que soit privilégié le transport de nuit.

Elle souligne qu’actuellement, « seuls les porcs sont censés disposer d’eau en permanence –dans les faits c’est rarement le cas–, les bovins, ovins et caprins devant être abreuvés après… 14 heures de route ».

La Fondation Bardot rappelle à cette occasion qu’elle est soutenue par 152 parlementaires français « dans son action en faveur d’une limitation à huit heures de la durée des transports » d’animaux vivants.

Le président des Jeunes Agriculteurs Jérôme Despey se déclare en accord avec ces revendications, affirmant que « tout doit être fait pour que les transports des animaux soient effectués dans les meilleurs conditions, notamment en soirée ou dans la nuit, comme pour le départ des vacanciers lors des fortes canicules ».

« Les agriculteurs aiment leurs animaux comme l’a demontré la crise de la vache folle. Les abus nous les dénonçons », a ajouté le président des Jeunes Agriculteurs.

Pour la SPA (Société Protectrice des Animaux), « les animaux sont victimes de l’élevage intensif instauré par la Politique Agricole Commune ». « Les conditions de confinement des animaux sont barbares », affirme Lauriane d’Este, la première vice-présidente de la SPA.

La Protection Mondiale des Animaux de Ferme (PMAF), basée à Metz, souhaite pour sa part que le nombre de poulets de chair par m2, dans les élevages en batterie, passe de 18 à 25 en moyenne actuellement, à 15 à 18.

Un premier succès a été obtenu avec l’interdiction, dans tous les pays de l’Union Européeenne, mais seulement à partir de 2012, des cages « conventionnelles » pour les poules pondeuses ce qui leur permettra de passer de 450 à 750 cm2 par bête et de bénéficier de perchoirs, nids, grattoirs et bacs.

Pour aider à la répression des abus, la PMAF, en collaboration avec l’association allemande Animals Angels (Les Anges des Animaux) et un don de 15 000 euros de la Fondation Bardot, va faire distribuer dans 4000 brigades de gendarmerie 42.000 dépliants et 12 000 brochures rappelant la réglementation en matière de transport d’animaux, comportant notamment une « check-list » des 20 principales questions que doit se poser tout gendarme procédant à un contrôle.

« On ne pensait pas être aussi bien acccueilli par la gendarmerie nationale qui a mis ses moyens à notre disposition pour leur diffusion », a souligné Ghislain Zuccolo, le directeur de la PMAF.

Source : AFP

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