Les contrôles de prix s’avèrent inefficaces selon l’Institut économique de Montréal

Montréal (Québec), 11 avril 2006 – Selon le directeur de la recherche de l’Institut économique de Montréal (IEDM), Valentin Petkantchin, les contrôles de prix ont de nombreux effets pervers et il serait préférable que les gouvernements laissent les prix jouer efficacement leur rôle, quitte à envisager d’autres politiques pour aider directement les catégories de population qu’ils souhaitent aider.

« Les prix, rappelle-t-il dans une Note économique publiée aujourd’hui,agissent comme signaux pour les acteurs économiques et permettent d’utiliserles ressources rares de la manière la plus efficace possible ».

Le document décrit les effets économiques néfastes des interventionsgouvernementales visant à établir des prix minimum ou maximum pour certainsbiens et services.

L’effet pervers des prix planchers
En rendant les produits plus coûteux, l’établissement de prix minimum(prix « planchers ») décourage la consommation et incite les acheteurs à setourner vers des produits substituts moins chers. Les entrepreneurs sont aussiencouragés à produire davantage, menant à des situations de surproduction siaucune réglementation supplémentaire n’est mise en place.

M. Petkantchin cite l’exemple des prix de soutien des produits agricolessous gestion de l’offre comme le lait, les oeufs, la volaille ou le siropd’érable.

Pour éviter les crises de surproduction que ces prix artificiellementélevés auraient pu causer, les autorités réglementaires ont été amenées àcontrôler également les volumes de production par la mise en place de quotasde plus en plus coûteux pour les producteurs.

Impact négatif des prix plafonds
L’imposition de prix maximum (prix « plafonds ») entraîne une hausse de lademande des consommateurs tout en rendant la production et les investissementsdans le bien ou service réglementé moins rentables. Si d’autres mesures nesont pas imposées – par exemple subventionner les producteurs ou lesinvestisseurs affectés, la conséquence directe est une pénurie du bien ouservice réglementé.

« Un exemple classique, écrit M. Petkantchin, est le contrôle des loyersdans le but d’aider les ménages les plus pauvres. Au lieu de profiter auxlocataires, ce contrôle finit par les pénaliser en provoquant une diminutionde l’offre de logements ».

L’IEDM donne aussi l’exemple du prix des médicaments brevetés qui faitl’objet de contrôles par les gouvernements fédéral et provinciaux. Dans cecas, le contrôle a pour effet direct d’éliminer les incitations à investir enR&D, ce qui rend l’innovation pharmaceutique de plus en plus difficile.

« De nombreux autres exemples pourraient être cités, notamment le prix del’essence, de la bière, et celui des télécommunications fixé par le CRTC. Maisquel que soit le secteur d’activités, ces contrôles s’avèrent économiquementinefficaces et nuisent à la création de richesse », conclut ValentinPetkantchin. Intitulée Les effets pervers des contrôles de prix, cette Note économiqueest disponible sur le site de l’IEDM.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Institut économique de Montréal (IEDM)
http://www.iedm.org

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