Les céréaliculteurs des prairies peuvent se réjouir de l’amélioration du taux d’humidité des sols

Winnipeg, 12 juin 2003 – La Commission canadienne du blé (CCB) annonçait qu’elle prévoit une production de blé et de blé dur dans l’Ouest canadien sur 2003-04 atteindre 23,2 millions de tonnes contre 14,1 millions en 2002-03. La production d’orge devrait passer de 6,2 millions de tonnes en 2002-03 à 12,7 millions de tonnes en 2003-04. Ces chiffres traduisent un retour à la normale après deux ans de sécheresse catastrophique.

« L’humidité des sols s’est rétablie sur la plus grande partie des prairies, ce qui veut dire que les producteurs de grain peuvent se frotter les mains, » remarquait Bruce Burnett, directeur du service Météo & Surveillance des récoltes lors du point de presse annuel de la CCB sur les conditions du temps et les perspectives de récoltes. « Nous anticipons un rétablissement par rapport aux deux dernières années, plutôt catastrophiques. »

La sécheresse subsiste néanmoins, notamment au nord de l’Alberta et de la Saskatchewan. « Les pluies n’ont jusqu’à présent pas été suffisantes pour compenser les effets prolongés de la sécheresse dans les régions du nord, plus touchées, » ajoutait monsieur Burnett.

Outre une analyse des perspectives des différentes récoltes dans l’Ouest canadien, le Service Météo & Surveillance des récoltes faisait également un tour d’horizon international. La production devrait se ressaisir dans les principaux pays exportateurs, victimes eux aussi de la sécheresse de l’an dernier, États-Unis et Australie compris. Le mois qui s’en vient devrait être déterminant pour savoir les emblavures en Australie où la sécheresse demeure un problème, surtout dans l’est du pays.

Malgré cette remontée de la production globale, la CCB prévoit que la production de blé dans le monde devrait chuter légèrement par rapport aux 564 millions de tonnes récoltées en 2002-03 pour se situer juste en dessous de la barre des 555 milllions de tonnes en 2003-04. Cette baisse est du à une grave sécheresse dans les pays d’Europe de l’Est et de l’ex Union soviétique.

La CCB s’attend également à ce que les pays d’Afrique du Nord, principal débouché du blé dur canadien, engrangent cette année une récolte de blé dur sensiblement meilleure.

Météo et surveillance des récoltes: Point de presse de la CCB
Ouest canadien
L’humidité des sols s’est améliorée ces huit derniers mois, ce qui permet de se montrer optimiste sur la saison 2003-04. Bien que le cycle de sécheresse de ces deux dernières années semble bien rompu, il reste quelques endroits où le déficit en eau dans les sous-sols se maintient. Les risques de dégâts par les insectes sont la conséquence directe de ces deux années de sécheresse.

Le rétablissement de l’Ouest canadien par rapport à la sécheresse a commencé par de terribles conditions de moisson. De fortes pluies en août 2002 étaient suivies de pluies persistantes et puis de neige, de septembre à novembre. Ces précipitations eurent un impact négatif sur la qualité des récoltes de 2002, tout en rétablissant l’humidité des sols. Ce sont les régions du centre et du nord-est de la Saskatchewan qui profitaient le plus de ce rétablissement de la situation au niveau des taux d’humidité des sols.

Mais la sécheresse subsistait en force durant cette même période dans le nord et le centre de l’Alberta ainsi que dans le nord-ouest de la Saskatchewan. Le début de l’hiver était marqué par une absence de précipitations, ce qui laissait craindre une répétition des conditions de sécheresse des trois derniers hivers Les chutes de neige qui se produisaient entre janvier et mars amélioraient quelque peu la situation au niveau de la couche superficielle (arable), surtout dans le nord des prairies. Des pluies en quantités supérieures à la moyenne au mois d’avril et durant la première quinzaine de mai contribuaient au rétablissement des réserves en eau dans l’ouest de la Saskatchewan et en Alberta.

Les semailles 2003 s’espaçaient dans le temps d’une région à l’autre des Prairies. Au Manitoba, les travaux étaient en avance sur le calendrier habituel, alors qu’en Saskatchewan et en Alberta les semailles étaient retardées. Ce sont les pluies et la neige qui tombait jusqu’en mai qui étaient responsables de ces retards. Dans l’ensemble, le progrès des semailles dans l’Ouest canadien accusait à la mi-mai un retard de 10 jours à deux semaines en moyenne, mais les travaux s’accéléraient durant la deuxième moitié du mois. Les cultures: blé, blé dur et orge n’accusent plus en général qu’un retard d’une dizaine de jours sur le cycle de leur développement normal.

Les surfaces emblavées telles qu’elles figurent au tableau A sont basées sur des estimations des représentants d’affaires de la CCB ainsi que de données du service Météo. Il devrait y avoir peu de variations dans la réalité des emblavures par rapport aux indications fournies par Statistique Canada. L’abandon de la culture des céréales ne devrait pas dépasser les taux précédemment indiqués et adopter le rythme prévu.

Le tableau B fait état des estimations de rendement à l’acre sur la base d’un modèle de risques météo, établi par la CCB. Pour le blé, ce modèle indique que le rendement à l’acre devrait se situer dans une fourchette de 29,6 à 37,3 boisseaux à l’acre; les estimations les plus récentes (le 12 juin) font état d’un rendement moyen de 33,9 boisseaux à l’acre.

Le tableau C fait état des prévisions de la production dans l’Ouest canadien. La production totale de blé dans les provinces de l’Ouest canadien devrait avoisiner 23,2 millions de tonnes, tandis que la production de blé dur devrait atteindre 4,9 millions de tonnes. La production d’orge devrait passer de 6,2 millions de tonnes l’an dernier à 12,8 millions de tonnes.

Perspectives de la production de céréales dans le monde
De médiocres conditions de production dans plusieurs pays devraient sensiblement réduire le volume de la production de blé et le ramener en dessous de la barre des 555 millions de tonnes en 2003. Le rétablissement de la situation par rapport à la sécheresse aux États-Unis, en Australie et au Canada devrait être compensé par de graves chutes de la production en Russie, en Ukraine et dans les pays d’Europe de l’Est. Par rapport à l’an dernier, les perspectives sont encourageantes aux États-Unis, blés d’hiver et de printemps se présentant de bien meilleure façon. La récolte des blés d’hiver est déjà en train dans les états du sud des États-Unis mais ces travaux sont retardés par de fréquentes pluies. Les conditions d’humidité des sols dans les régions américaines à blé de printemps et à blé dur sont sensiblement similaires aux conditions d’humidité des sols dans l’Ouest canadien – nettement meilleures conditions que l’an dernier. On achève en ce moment les semis de soja et de maïs aux États-Unis; il faut s’attendre à un revirement important en faveur du soja et au détriment du maïs en raison de l’évolution des prix respectivement et aussi des fortes pluies qui influencent les décisions des producteurs.

Les conditions météorologiques sont nettement moins favorables dans les pays d’Europe de l’Est cette année qu’elles l’étaient en 2002. Cette évolution fait qu’il faut s’attendre à une sévère chute de la production en blé dans ces régions. La combinaison des gels d’hiver et de la sécheresse en Russie et en Ukraine devrait se traduire par une récolte de blé nettement moins abondante dans ces deux pays.

En revanche, dans les pays d’Afrique du Nord, les conditions améliorées de la pluviométrie devraient entraîner la plus grosse récolte jamais obtenue en neuf ans.

En Australie, les producteurs de céréales ont ralenti leurs travaux de semailles dans les régions à l’est du pays dans la mesure où les conséquences de la sécheresse de 2002 pèsent sur les perspectives de production dans ces régions. Les températures de l’océan à hauteur du Pacifique équatorial sont neutres pour l’instant et il est fort probable que nous assistions à un regain des activités du phénomène, La Niña. Ces conditions sont susceptibles d’améliorer la situation en Australie si tant est que les pluies associées à ce phénomène La Niña ne se reportent pas trop tard durant la saison de croissance des cultures.

TABLEAU A

Ouest canadien
Emblavures
(en millions d’acres)
Statistique Canada CWB
mars 2002 2003 Évolution (%)
Intentions
Tous blés 25.09 25.38 25.61 0.9%
Blé dur 5.87 6.15 5.92 -3.7%
Avoine 4.99 5.50 5.00 -9.1%
Orge 11.82 11.84 11.90 0.5%
Seigle 0.34 0.21 0.34 58.8%
Lin 1.83 1.71 1.80 5.3%
Canola 10.86 9.54 10.40 9.0%

TABLEAU B

Ouest canadien
Rendements prévus au modèle météo de la CCB*
10ème 50ème 90ème
Percentile Percentile Percentile
(bu/ac) (bu/ac) (bu/ac)
Tous blés 29.6 33.9 37.3
Blé dur 26.4 31.0 35.4
Avoine 60.4 63.8 67.4
Orge 49.3 54.0 58.3
Seigle 23.2 27.1 30.4
Lin 17.3 19.9 22.1
Canola 22.6 24.8 26.8
*Estimations basées sur le modèle météo appliqué à l’Ouest canadien.

TABLEAU C

Ouest canadien
Production*
(en millions de tonnes)
Statistique Canada CWB
Moyenne sur 5 ans 2002 2003
10ème 50ème 90ème
Percentile Percentile Percentile
Tous blés 21.3 14.1 20.2 23.2 25.0
Blé dur 4.5 3.7 4.2 4.9 5.6
Avoine 2.9 2.3 3.5 3.7 0.9
Orge 10.5 6.2 11.6 12.7 13.7
Seigle 0.2 0.1 0.2 0.2 0.2
Lin 0.8 0.7 0.8 0.9 1.0
Canola 6.3 3.5 5.2 5.7 6.2
*These estimates based on weather model yields and CWB area forecasts

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Commission canadienne du blé
http://www.cwb.ca/

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