Les femmes font leur place en agriculture

Chapeau, les filles!

Les 56 femmes honorées, tous métiers confondus, entourant le ministre Yves Bolduc. Photo : MESRS

Encore en 2014, l’agriculture est un métier masculin. Au Québec, le quart de la relève agricole établie est féminine. Chez les travailleurs agricoles, c’est le même ratio. Voilà des statistiques qui justifient la tenue chaque année depuis 18 ans d’un concours comme Chapeau, les filles!

Six jeunes femmes ayant choisi de faire carrière en agriculture s’y sont démarquées cette année sur le volet national. Le concours favorise la diversification des choix de carrière des jeunes femmes. Il s’adresse aux étudiantes en formation professionnelle au secondaire et en formation technique au collégial.

Au total, 56 femmes ont été honorées le 9 juin dernier au Salon rouge de l’Assemblée nationale par le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport et ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science, Yves Bolduc.

Voici ces six récipiendaires du secteur agricole. Elles ont chacune reçu une bourse de 2000$.

Christine Baillargeon
Production acéricole
Centre de formation agricole de Saint-Anselme, CS de la Côte-du-Sud
Prix Agriculture, Pêches et Alimentation du MAPAQ

Même si elle prête main-forte à la sucrerie de son oncle depuis l’enfance, Christine Baillargeon a donc préféré suivre une formation professionnelle avant d’y travailler à plein temps et de prendre les rênes de l’entreprise. Elle connaît maintenant tous les secrets de l’entaillage, des tubulures et d’autres techniques pointues qui lui permettront de faire décoller sa future entreprise.

Stéphanie Bélanger-Naud

Gestion et exploitation d’entreprise agricole
Collège Macdonald
Prix Agriculture, Pêcheries et Alimentation du MAPAQ

Faire renaître de ses cendres la fromagerie caprine familiale : c’est l’ambition de Stéphanie Bélanger-Naud. Pour y parvenir, elle aurait pu se contenter de son expérience sur la ferme laitière de ses parents. Elle a préféré mettre toutes les chances de son côté en étudiant en gestion et exploitation d’entreprise agricole au collégial, avant d’enchaîner avec l’agroéconomie à l’université. Marketing, plans de fertilisation, anatomie animale, génétique… Stéphanie a déjà suivi plus de cours que son programme n’en exigeait pour diversifier ses connaissances.

Sarah Cusson

Gestion et exploitation d’entreprise agricole
Cégep régional de Lanaudière à Joliette
Prix de la Fédération des cégeps

C’est un séjour de bénévolat en Afrique qui a fait germer en Sarah Cusson son penchant inattendu pour l’agriculture. Après y avoir défriché, pioché et transformé une terre en champ de culture maraîchère biologique, elle a réalisé l’importance cruciale du métier d’agriculteur. Nourrie par une passion vivace et par des résultats scolaires florissants, Sarah s’est bien implantée parmi ses collègues masculins. Et bientôt, elle cultivera des légumes bio sur sa propre fermette.

Sophie Gascon
Production animale
CFP des Moissons, CS de la Vallée-des-Tisserands
Prix Environnement du MDDELCC

Éleveuse, gestionnaire, responsable du marketing et du service à la clientèle, vétérinaire, comptable… Entre l’étable et le bureau, Sophie Gascon ne s’ennuie pas!

Spécialisée dans la production caprine de boucherie, elle n’en doit pas moins être polyvalente. Pour assumer ces multiples rôles, elle a vite réalisé qu’une formation professionnelle ne serait pas un luxe… même s’il n’est pas facile de retourner à l’école après dix ans sur le marché du travail. C’est aussi pour elle le moyen idéal de rester branchée sur les nouvelles techniques, les technologies propres et les lois visant à préserver l’environnement.

Alexandra Du Sablon Rochette
Gestion et exploitation d’entreprise agricole
Institut de technologie agroalimentaire, campus La Pocatière
Prix esprit d’entreprise du MEIE

Pour calmer ses pleurs lorsqu’elle était bébé, la maman d’Alexandra Du Sablon Rochette l’emmenait à la ferme familiale où elle s’endormait, bercée par le ronronnement des trayeuses. Aujourd’hui encore, la production de lait demeure sa source de réconfort. Elle en fera aussi sa source de revenus professionnels puisqu’elle compte prendre la relève de l’entreprise de ses parents et y adjoindre une fromagerie, biologique comme la ferme. Auparavant, elle affinera ses connaissances en la matière lors d’un stage d’été en France. Courageuse et déterminée, elle ne redoute pas les tâches physiques et intellectuelles qui l’attendent.

Geneviève Martel
Production animale
CFP de Coaticook (CRIFA)
CS des Hauts-Cantons
Prix esprit d’entreprise du MEIE

La Ferme des Miracles porte bien son nom : c’est là, en trayant ses premières vaches, que Geneviève Martel a été touchée par la révélation de sa vie. À 27 ans, après une vie professionnelle décevante, cette maman de quatre enfants a troqué le travail de bureau pour le contact avec les animaux. Trois ans et un DEP en production animale plus tard, elle s’apprête à prendre la relève de sa miraculeuse entreprise laitière.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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