Les pesticides : perceptions et réalités

Les acteurs de la filière des grandes cultures seront réunis le 8 février prochain à Brossard dans le cadre du Rendez-vous végétal. Il s’agit d’une journée de conférences (cliquez ici pour voir la programmation) où il sera question notamment des OGM et des pesticides. Des sujets qui n’ont pas toujours bonne presse. Pourquoi?

Le mot pesticide fait peur. C’est quelque chose qui, par sa nature, tue… les insectes. Pour les gens, si c’est toxique pour les insectes, ça risque de l’être pour l’humain. Ils associent pesticides avec toxicité. Pourtant les pesticides ne sont pas nouveaux. « On les utilise depuis des temps immémoriaux. Les Romains utilisaient du soufre pour protéger leurs vignes », raconte le chimiste et professeur, Ariel Fenster, de l’Organisation pour la science et la société à l’Université McGill. « Les insectes peuvent causer des pertes allant jusqu’à un tiers des récoltes, selon des régions du monde », rappelle-t-il.

Le problème, croit le spécialiste, c’est tellement efficace qu’on s’en sert à grande échelle. C’est la même chose avec les nouvelles technologies comme les OGM. On les utilise sans limites. « Dès que l’on utilise trop une technologie, on engendre des problèmes de tolérance des insectes aux insecticides. C’est la même chose avec la résistance des bactéries aux antibiotiques. » Il faudrait donc limiter l’utilisation de ces produits sauf lorsque c’est absolument nécessaire et faire appel à la gestion intégrée des ravageurs, selon Ariel Fenster.

Pour ce qui est de la toxicité des OGM et des pesticides pour l’être humain, le spécialiste est d’avis qu’il n’y a pas de problème. « J’en suis convaincu, affirme-t-il. La question a été très étudiée depuis 40 ans. Aucune étude n’a démontré de toxicité. » Les autorités américaines pensent toutefois que le glyphosate est potentiellement cancérigène. « Dans les quantités dans lesquelles l’humain l’ingère, je doute de sa toxicité. Il faut toujours se rappeler que c’est la dose qui fait le poison ». Plus de recherches indépendantes seraient tout de même souhaitables, selon le chimiste.

Lisez l’entrevue intégrale de notre journaliste Nicolas Mesly avec le chimiste Ariel Fenster dans l’édition de février du Bulletin des agriculteurs.

À noter que le chimiste Ariel Fenster ne sera pas présent au Rendez-vous végétal. Ces enjeux seront abordés par Joe Schwarcz, Ph. D. Université McGill, dans le cadre de la conférence intitulée Mythes et réalités en agriculture.

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