Les prix des aliments : un bienfait pour les producteurs, un soulagement pour les consommateurs

Ottawa (Ontario), 12 juin 2008 – Le Canada se trouve dans une situation unique pour contrer la tempête causée par la montée abrupte des prix des céréales et du riz, et pourrait même profiter de la montée en flèche actuelle, selon une étude publiée aujourd’hui dans L’observateur économique canadien.

Dans l’ensemble, les prix à la consommation des aliments consommés à domicile au Canada n’ont augmenté que de 1,2 % au cours des 12 mois se terminant en avril 2008. Les prix des aliments ont bondi de 7,1 % dans l’Union européenne et de 5,9 % aux États-Unis durant la même période. Les pays d’Asie, où le riz est l’aliment de base, sont ceux qui ont vu croître le plus rapidement les prix des aliments, alors que le prix du riz a doublé au début de 2008.

Alors que les consommateurs au Canada sont aux prises avec des prix plus élevés pour les produits du pain et des céréales, l’étude a montré que, dans l’ensemble, les factures d’épicerie à la caisse ne sont pas plus élevées, grâce à la stabilité ou à la chute des prix de la plupart des autres produits.

Le fait que les prix de ces autres produits alimentaires n’aient pas augmenté reflète des facteurs tels que le coût plus faible des aliments importés depuis la hausse du dollar canadien et le rôle relativement petit des produits de base dans la valeur du panier d’épicerie du consommateur.

Pour la plupart des produits alimentaires, les services représentent la majeure partie de la valeur ajoutée des produits achetés par les consommateurs. En outre, des fluctuations prononcées des prix relatifs offrent aux consommateurs de nombreuses possibilités de s’adapter en remplaçant certains de leurs achats par des aliments à prix plus faible.

Dans une perspective plus générale, l’étude suggère que, dans l’ensemble, le Canada devrait bénéficier du choc des prix agricoles. En 2007, les échanges du Canada en produits agricoles et en produits du poisson se sont soldés par un excédent de 9,0 milliards de dollars.

Au premier trimestre de 2008, l’excédent était sur le point d’atteindre un sommet inégalé, s’établissant au taux annuel de 11,2 milliards de dollars sous l’effet de la hausse des prix du blé.

En outre, les agriculteurs ont intensifié leurs activités de plantation cette année, surtout celles produisant des récoltes à prix fort. En plus d’accroître directement la valeur de la production agricole et de l’excédent commercial, l’essor du secteur agricole profitera indirectement à de nombreux fournisseurs, dont les produits s’étendent des machines aux services de transport, aux services financiers et aux services aux entreprises.

Les exportations agricoles atteignent un sommet inégalé en 2007
Le Canada est un exportateur net de produits alimentaires et agricoles. En 2007, les exportations canadiennes de produits alimentaires et agricoles ont atteint un sommet inégalé de 34,6 milliards de dollars, après avoir fluctué autour de 31 milliards de dollars depuis le début de la forte hausse des prix des produits de base en 2002.

La hausse observée en 2007 a été principalement attribuable aux céréales, qui ont atteint un sommet grâce à un bond de 1,5 milliard de dollars pour le blé et le canola, malgré de faibles récoltes dans les Prairies (en 2007, le rendement moyen par acre de blé a baissé de 12 %).

Malgré une faible récolte, le Canada est demeuré le deuxième plus important exportateur de blé à l’échelle mondiale, après les États-Unis. Une augmentation de 25 % des ventes de récoltes a poussé les recettes agricoles à un sommet de 40,5 milliards de dollars en 2007, et elles ont continué de se raffermir au premier trimestre de 2008.

Les importants excédents du Canada en ce qui concerne les grains, les produits carnés et les produits du poisson l’emportent sur les déficits dans le cas des aliments difficiles, voire impossibles, à produire ici (dont de nombreux fruits et légumes, le café, le thé et le sucre, qui affichent ensemble un déficit du commerce de plus de 4 milliards de dollars).

Les fruits et les légumes dominent les importations agricoles
Dans l’ensemble, plus de 70 % des aliments consommés par les Canadiens sont produits au Canada. Cela englobe plus de 80 % des produits carnés et laitiers, en partie parce que les pratiques de gestion de l’offre limitent la concurrence des importations de la volaille, des produits laitiers et des oeufs. Le pain et les produits à base de céréales sont, eux aussi, fournis en grande partie par des fermes agricoles et des usines canadiennes.

Inversement, les importations représentent plus de 40 % de la totalité des produits du poisson et des fruits et des légumes achetés au Canada. Les importations fournissent près du tiers des autres produits alimentaires, notamment le café, le thé et certaines matières grasses (comme l’huile d’olive).

Les importations canadiennes de produits agricoles sont dominées par les fruits et les légumes, particulièrement en hiver alors que les importations de produits frais doublent pratiquement. En 2007, les importations de fruits et de légumes se sont chiffrées à 7,3 milliards de dollars.

Suivaient de près les importations de café, de thé et de sucre, chiffrées à 5,4 milliards de dollars. Il est impossible de produire ces produits dans le climat nordique du Canada. Les importations de fruits, de légumes et d’autres produits de première nécessité ont été caractérisées par une tendance à la hausse ces dernières années, la baisse des prix ayant contribué à accroître le volume de la demande.

Le coût des aliments importés au Canada a diminué de 7 % entre la moyenne notée en 2002 et le premier trimestre de 2008.

La répartition du dollar alimentaire : ce qu’achètent les consommateurs
L’étude fournit une répartition de la valeur ajoutée selon le type d’aliment, laquelle montre que la hausse rapide des prix de certains produits alimentaires de base (notamment les grains) ne touche qu’une petite fraction de ce qu’achètent les consommateurs.

Dans le cas du pain et des céréales, le coût des produits de base représente moins du dixième de ce que paient les consommateurs pour le pain, même si l’on tient compte des coûts de l’énergie. Il s’agit de la part la plus faible observée pour n’importe laquelle des grandes catégories de produits alimentaires.

La viande et les produits laitiers ont à peu près la même structure de revenus, les fabricants recevant près du quart de tous les revenus, tandis que les agriculteurs en obtiennent un peu moins de 15 %.

En revanche, les fabricants et les agriculteurs ne reçoivent que le tiers ou moins des revenus tirés des dépenses de consommation en pain ainsi qu’en fruits et en légumes. La plus grande partie est destinée aux fabricants, tandis que les agriculteurs reçoivent moins de 3 %.

Les services ont représenté entre la moitié et les trois quarts de la valeur des produits achetés par les consommateurs dans les épiceries. Le poisson frais, les produits laitiers, la viande et les boissons gazeuses sont les produits pour lesquels la part des services est la plus faible, de l’ordre de 50 %. Dans le cas du pain, ainsi que des fruits et des légumes, la part des services est d’environ 60 % ou plus des dépenses de consommation.

Les commerces de gros et de détail constituent la part la plus importante de la valeur ajoutée que les services apportent aux aliments. Elle comprend le coût de l’entreposage, du remplissage des rayons et de la publicité s’adressant aux consommateurs ainsi que les marges bénéficiaires.

Il est surprenant de constater que les secteurs des services financiers et immobiliers ont plus contribué à la production de la plupart des produits alimentaires que le secteur des transports. Cette situation reflète l’importance de la location des bâtiments, ainsi que des emprunts faits pour financer les activités opérationnelles quotidiennes.

Le transport représente systématiquement de 5 % à 6 % de la valeur ajoutée de tous les produits alimentaires. L’écart entre les services financiers et les services de transport pourrait toutefois s’être amenuisé après que les prix de l’essence ont atteint des sommets inégalés au début de 2008.

L’étude «Les prix des aliments : un bienfait pour les producteurs, un soulagement pour les consommateurs» figure dans l’édition Internet de juin 2008 de L’observateur économique canadien, vol. 21, no 6 (11-010-XWB, gratuit), maintenant accessible à partir du module Publications de notre site Web. La version imprimée du mensuel L’observateur économique canadien, vol. 21, no 6 (11-010-XPB, 25 $ / 243 $), sera offerte le 19 juin.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

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