Les promesses électorales en agriculture

Le Parti libéral élu avec une minorité devrait avoir à composer avec les promesses d'autres partis

Comme plusieurs secteurs, l’agriculture a fait peu de vagues durant la dernière campagne électorale.

Mais avec un gouvernement minoritaire, le Parti libéral devra s’entendre avec un autre parti pour espérer durer le plus longtemps possible à la Chambre des communes. Voici un bref retour sur les promesses libérales du point de vue de l’agriculture, ainsi que celles faites par le NPD et le Bloc québécois, les partis qui pourraient faire une différence dans les prochains mois dans les futures politiques du Canada.

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Le Parti libéral a indiqué qu’il investirait 160 M$ sur quatre ans dans un fonds d’investissement pour l’agroalimentaire à valeur ajoutée. Ce dernier fournirait une aide technique et commerciale aux entreprises de transformation d’aliments qui pourront mettre au point de nouveaux produits à valeur ajoutée selon les tendances du marché.

La recherche se verrait attribuer 100 M$ sur quatre ans pour stimuler l’innovation. Une somme de 80 M$ serait aussi allouée à l’Agence canadienne d’inspection des aliments pour des mesures d’inspection. Le montant disponible pour prêts en capital de Développement agricole et alimentaire Canada ( qui remplacerait Financement agricole Canada) serait augmenté pour passer à 5 G$ par année. Cette nouvelle entité regrouperait tous les services financiers et consultatifs offerts aux producteurs. Le programme Agri-Stabilité sera également revu.

Le parti assure qu’il défendra la gestion de l’offre lors de négociations commerciales. Il ajoute qu’il entend « collaborer avec les provinces, les territoires et d’autres partenaires intéressés  pour mieux régler les problèmes liés à la conservation de l’eau et des sols et au développement de ces ressources, notamment par des investissements dans des infrastructures adéquates ».

Le Nouveau Parti Démocratique (NPD) a assuré durant la campagne qu’il soutiendrait la gestion de l’offre. Il a mentionné la mise sur pied d’un plan de Stratégie alimentaire canadienne pour répondre aux priorités régionales. Il appuierait aussi les jeunes, les nouveaux agriculteurs, ainsi que la formation des futurs producteurs. L’aspect fiscal serait modifié pour faciliter les transferts d’entreprises agricoles. Le NPD souhaite aussi s’attaquer aux problèmes de santé mentale chez les producteurs. Il vise par ailleurs  à encourager la production, transformation et consommation locale.

Le Bloc québécois (BQ) veut quant à lui soutenir la relève par différentes mesures dont le coût estimé est de 100 M$. Le parti appuie également une transition vers une agriculture plus verte qui serait appuyée par un réinvestissement en recherche et développement et un soutien aux producteurs agricoles. Pour répondre aux besoins de main-d’œuvre, le Bloc demande plus de flexibilité dans le programme de travailleurs étrangers temporaires et plus d’efficacité dans le traitement de leur dossier. Le BQ souhaite aussi présenter un projet de loi visant à interdire toute brèche dans la gestion de l’offre dans les négociations commerciales.

Entretemps, les électeurs ont reconduit au pouvoir la ministre sortante de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Marie-Claude Bibeau. Un montant de 1,75 G$ a été promis en compensation pour les producteurs laitiers à la suite des ententes commerciales qui ont affecté la gestion de l’offre au pays. Les producteurs d’œufs, de volailles et de dindes attendent encore pour leur part une annonce de ce genre.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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