L’utilisation sécuritaire des pesticides demeure encore une excellente façon de préserver l’environnement et la santé

Québec (Québec), 25 septembre 2002 – « Utiliser des pesticides adéquatement demeure encore une excellente façon de se protéger au Québec et de préserver l’environnement et la santé de la population. Malheureusement, le gouvernement du Québec s’apprête à bannir des pesticides homologués par Santé Canada, dont le rôle est justement de combattre les parasites qui détruisent l’environnement et protègent la santé des citoyens ».

C’est ce qu’a soutenu aujourd’hui M. Normand Drapeau, le porte-parole de
CropLife Canada et du Conseil canadien de la lutte antiparasitaire en milieu
urbain, deux organismes qui représentent les fabricants, les concepteurs et
les distributeurs de solutions phytoscientifiques pour l’agriculture, la
foresterie et la lutte antiparasitaire au Canada. M. Drapeau était accompagné
à cette occasion du président de l’Association des services en horticulture ornementale du Québec (ASHOQ), M. René Simoneau. Leur intervention s’inscrit
dans le contexte où le ministre de l’Environnement du Québec, M. André
Boisclair, s’apprête à bannir, sur certaines parties du territoire du Québec,
des pesticides qui sont pourtant homologués par Santé Canada et qui sont
accessibles partout ailleurs au pays.

« Le ministre ne s’appuie sur aucune étude ou donnée scientifique pour
justifier ce bannissement. La démarche est d’autant plus importante qu’elle

survient au moment où le virus du Nil a déjà causé la mort de plusieurs
dizaines de personnes aux Etats-Unis, deux en Ontario et possiblement une au
Québec » a tenu à préciser M. Drapeau.

« Il n’y a qu’une seule méthode reconnue par tous les scientifiques et qui
est efficace : c’est la lutte antiparasitaire intégrée (LAI) qui permet, avec
un dépistage adéquat et des méthodes préventives, de réduire l’usage approprié
des pesticides, tout en préservant la santé des citoyens et leur
environnement » a déclaré le président de l’ASHOQ, M. René Simoneau.

Les avantages des pesticides pour l’environnement et la santé

« Utilisés de façon appropriée, les pesticides offrent de nombreux
avantages. En plus de protéger l’environnement des attaques des ravageurs,
elle permet à la population de vivre en milieu urbain à l’abris des maladies

causées par les parasites » a soutenu M. Drapeau.

« Les pesticides font partie de la solution » ont tenu à souligner
Messieurs Drapeau et Simoneau qui invitent le gouvernement du Québec à la plus
grande prudence avant d’aller de l’avant avec son projet de bannir des
pesticides en milieu urbain.

Une réglementation efficace et sécuritaire

Les trois organismes se sentent d’autant plus légitimés dans leur
demande, qu’ils s’appuient sur le système de réglementation des pesticides
actuellement en vigueur au Canada et qui est l’un des plus sûrs et des plus
stricts au monde. En effet, en vertu de la « Loi sur les produits
antiparasitaires », l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire
(ARLA) de Santé Canada administre un système d’approbation rigoureux. Quelque
200 tests sont requis pour s’assurer que les produits ne présentent aucun
risque pour la santé des humains et pour l’environnement, y compris des tests
chimiques et toxicologiques, des études sur l’exposition, les résidus dans les
aliments, la chimie et le devenir environnemental, les effets écologiques et
l’efficacité.

« Ce n’est qu’après avoir analysé avec soin les études, que l’ARLA décide
d’homologuer ou non un produit, en se fondant sur des évaluations
scientifiques rigoureuses. Seul les pesticides qui ne présentent pas de risque
inacceptable pour la santé et l’environnement sont homologués par l’ARLA. En
voulant bannir ces produits en milieu urbain, le ministre de l’Environnement
remet en question la crédibilité du processus d’homologation du gouvernement
canadien et insécurise inutilement les citoyens » a indiqué le président de
l’ASHOQ, M. René Simoneau.

Rappelons que l’homologation à l’échelle mondiale prend en général entre
cinq à dix ans avant d’être approuvée et coûte, entre-temps, entre 50 à 100
millions $ d’investissement.

Actuellement, il existe très peu d’alternative sécuritaire, efficace et
homologuée. Le projet de réglementation proposé par le gouvernement du Québec
remplacerait des pesticides approuvés et homologués par des alternatives
inefficaces et non testées. Les pesticides nous protègent bien plus qu’ils
nous menacent.

Les solutions proposées

Soucieuse de participer positivement au débat, CropLife Canada, le
Conseil canadien de la lutte antiparasitaire en milieu urbain et l’ASHOQ
proposent des solutions au ministre de l’Environnement et au gouvernement du
Québec. Parmi les plus importantes, mentionnons :

  • D’harmoniser la réglementation québécoise avec celle du fédéral et des
    organismes de réglementation mondiale qui est basée sur des principes
    scientifiques solides ;
  • D’éliminer l’annexe 1 du projet de code de gestion des pesticides qui a
    pour effet de bannir des produits homologués sur certaines parties du
    territoire québécois, mais qui demeureront accessibles partout ailleurs
    sur le territoire canadien et dans d’autres pays ;
  • D’empêcher les municipalités de bannir l’usage de pesticides homologués
    par le gouvernement fédéral ;
  • D’établir un partenariat permanent avec l’industrie de fabrication et
    celle de l’entretien des espaces verts, afin de permettre une meilleure
    gestion des pesticides en milieu urbain;
  • De responsabiliser le public en le renseignant objectivement sur les
    risques véritables des pesticides liés à une mauvaise utilisation, au
    lieu de l’infantiliser avec des bannissements ;
  • D’imposer une réglementation plus sévère pour l’octroi des permis aux
    entreprises qui appliquent les pesticides ;
  • Reconnaître la certification en lutte antiparasitaire intégrée (LAI),
    en processus d’élaboration au Bureau de normalisation du Québec ;
  • De baser toutes décisions réglementaires sur des recherches
    scientifiques solides.

    « Nos membres s’entendent sur un point : il est primordial de protéger la
    santé de la population ainsi que l’environnement. C’est la raison pour
    laquelle le Québec ne doit pas faire bande à part avec une réglementation non-
    scientifique. Il en va de la sécurité et de la santé de la population » ont
    conclu Messieurs Drapeau et Simoneau.

    Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

    Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA)

    http://www.hc-sc.gc.ca/pmra-arla/

    Fédération interdisciplinaire de l’horticulture ornementale (FIHOQ)

    http://www.fihoq.qc.ca

    Institut pour la protection des cultures (Crop Protection Institute)

    http://www.cropro.org

    Santé Canada

    http://www.hc-sc.gc.ca

    Commentaires