Mise à jour des prévisions sur le revenu agricole en 2002

Ottawa (Ontario), 19 juillet 2002 – De concert avec les gouvernements provinciaux, le Ministère a révisé ses prévisions de janvier pour 2002.

En 2002, le revenu net réalisé (RNR) devrait être inférieur au niveau sans précédent de l’année précédente et légèrement sous la moyenne quinquennale. Ces prévisions tiennent compte des répercussions de la sécheresse, de la chute des prix de la viande rouge et des paiements de programmes moins élevés.

Les recettes agricoles pour le Canada devraient augmenter légèrement en 2002 par rapport à 2001 et à la moyenne quinquennale.
Les recettes tirées du bétail devraient être inférieures aux niveaux sans précédent atteints en 2001, mais bien au-delà de la moyenne quinquennale.

En 2002, les paiements de programmes devraient être inférieurs à ceux de l’année précédente. Les paiements ont atteint des niveaux presque sans précédent en 2001.

Les frais d’exploitation devraient être stables en 2002. L’amortissement devrait augmenter légèrement en 2002.

NOTE : Cette prévision ne tient pas compte des nouveaux fonds provisoires fédéraux de 1,2 milliard de dollars pour deux ans annoncés le 20 juin, ni du montant de 324 millions de dollars de soutien au revenu agricole de l’Alberta annoncé le 17 juillet.

Faits saillants

Revenu agricole

Le RNR au Canada en 2002 devrait être inférieur au niveau record de l’année précédente principalement en raison de la baisse des recettes tirées du bétail et des paiements de programmes. Le RNR est également inférieur à la moyenne quinquennale entre 1997 et 2001 (voir Tableaux – Recettes, dépenses et revenu agricoles et Prévisions du CSRN).

Toutes les provinces devraient enregistrer en 2002 un RNR inférieur à celui de l’année précédente. Le RNR de la Saskatchewan devrait atteindre les niveaux les plus bas jamais atteints. Comparativement à la moyenne quinquennale, le RNR devrait être inférieur seulement en Saskatchewan, au Québec et dans les provinces de l’Atlantique, à l’exception du Nouveau-Brunswick.

Le revenu net agricole peut varier énormément d’une exploitation agricole à une autre en raison de différents facteurs, notamment le type de produit agricole, les prix et les conditions météorologiques. Il s’agit notamment du cas des producteurs de céréales et d’oléagineux, qui ont dû faire face à une baisse considérable des prix ces dernières années et à des conditions météorologiques exceptionnelles au cours de l’été 2001 et, dans une moindre mesure, jusqu’à maintenant en 2002.

Étant donné que la majorité des produits agricoles du Canada sont destinés aux marchés internationaux, les variations des taux de change ont une importante incidence sur les recettes monétaires agricoles. Depuis le début de janvier 2002, la valeur du dollar a grimpé pour passer de 0,626 $US à 0,659 $US à la fin de juin. Si toutes les autres variables ne bougent pas, les prix des produits agricoles en dollars canadiens devraient diminuer de près de cinq pour cent. Toutefois, il est également important de noter que de nombreux facteurs de production, notamment le carburant et les fertilisants, sont vulnérables aux variations du taux de change, un facteur qui a récemment été favorable aux producteurs.

Recettes des productions végétales

Les recettes des productions végétales canadiennes devraient augmenter légèrement en 2002 par rapport à celles de 2001 et à la moyenne quinquennale antérieure.

En raison des conditions peu favorables aux cultures à certains endroits dans l’Ouest canadien, les recettes pour les céréales et oléagineux de la région devraient diminuer. En effet, les mises en marché moins nombreuses résultant de l’importante sécheresse qui a sévi en 2001 ont compensé en grande partie l’augmentation des prix déclenchée par la sécheresse, l’offre mondiale et les conditions touchant la demande. Les recettes des cultures spéciales devraient être plus élevées en raison d’une production accrue et des prix à la hausse.

En ce qui concerne l’Est canadien, les recettes des productions végétales en 2002 devraient augmenter en raison des conditions relativement favorables aux cultures et des prix plus élevés pour les céréales, les oléagineux et les pommes de terre.

Les régions du Nord de la Saskatchewan et de l’Alberta connaissent encore une humidité du sol qui laisse à désirer; par conséquent, les prévisions de rendement dans ces régions sont faibles. Même si les régions du Sud se portent généralement mieux, on prévoit que les rendements globaux pour les céréales et les oléagineux dans l’Ouest canadien en 2002-2003 seront d’environ 10 p. 100 inférieurs aux tendances. Les rendements des cultures spéciales sont touchés dans le même sens. Les prévisions de rendement de cette année sont légèrement supérieures à celles de 2001-2002, année de la sécheresse.

Recettes du bétail

Les recettes tirées du bétail devraient chuter en 2002 surtout en raison des prix moins élevés pour les porcs et les bovins. Les prix de ces produits chutent à cause d’une demande relativement faible, de réserves nord-américaines importantes de viande rouge et de volaille, et de la hausse du dollar canadien. La sécheresse retarde la reconstitution du cheptel bovin et fait accroître les mises en marché. Toutefois, les prix moins élevés, plus particulièrement pour les porcs, viennent largement compenser l’augmentation des mises en marché des porcs et des bovins.

Les recettes des produits soumis à la gestion de l’offre devraient continuer à augmenter en 2002, car les prix et la production sont à la hausse. Cette situation ne s’applique cependant pas à la volaille. Les recettes pour la volaille devraient demeurer inchangées, car les prix moins élevés compensent l’augmentation des mises en marché. La baisse des prix du poulet est causée principalement par l’affaiblissement de la demande combiné aux larges réserves et une plus grande concurrence dans les prix moins élevés pour la viande rouge.

Paiements au titre des programmes

Les paiements faits au titre des programmes en 2002 devraient être inférieurs à ce qu’ils ont été en 2001, année où ils ont presque atteint un niveau record. Cependant, ils ne devraient être que légèrement inférieurs à la moyenne quinquennale. Si l’on ne tient pas compte des nouveaux paiements provisoires que le gouvernement fédéral a annoncés le 20 juin dernier, les paiements de programmes devraient chuter, passant de 3,8 milliards de dollars en 2001 à 2,2 milliards de dollars en 2002.

Les paiements faits au titre des programmes ont énormément augmenté en 2001 en raison des paiements d’urgence ponctuels annoncés en mars 2001, des paiements d’assurance-récolte anormalement élevés à cause de la sécheresse, paiements qui ont surtout été distribués en 2001, et des paiements d’aide en cas de catastrophe liée au revenu élevés qui comprennent les paiements substantiels faits au titre de l’ACRA pour remédier aux difficultés de revenu des producteurs en 1998 et 1999 et les paiements importants faits au titre du PCRA pour aider les producteurs qui ont éprouvé des difficultés liées au revenu en 2000.

Les paiements faits au titre des programmes en 2002 devraient chuter avec la fin des paiements d’urgence et la réduction des paiements autorisés par tous les principaux programmes de soutien.

Dépenses

Les dépenses d’exploitation ne devraient pas changer en 2002, car l’utilisation et les prix plus élevés des aliments du bétail commerciaux seront compensés par une réduction des dépenses liées à l’achat d’engrais, de carburant et de bétail. On prévoit que l’amortissement sera légèrement supérieur en 2002. Les dépenses d’exploitation et l’amortissement sont supérieurs à la moyenne quinquennale.

Les prix de l’engrais ont fléchi surtout à cause de la réduction des prix du gaz naturel. De plus, la demande d’engrais devrait chuter en raison du temps sec dans l’Ouest canadien. En outre, le temps sec combiné aux coûts plus élevés des aliments du bétail devraient se traduire par une réduction des achats interprovinciaux de bovins d’engraissement et par une augmentation des exportations de bovins sur pied vers les États-Unis. Le prix du carburant devrait chuter, car la conjoncture économique faible fait stagner la demande.

Recettes des provinces

Les recettes des productions végétales en 2002 devraient augmenter dans toutes les provinces à l’exception de la Saskatchewan. En outre, elles devraient être en-deçà de la moyenne quinquennale en Saskatchewan, en Alberta et dans l’Île-du-Prince-Édouard.

Si l’on tient compte des données de 2001, les recettes provenant des ventes de céréales, d’oléagineux et de cultures spéciales en Saskatchewan en 2002 devraient chuter de près de 491 millions de dollars ou environ 13 p. cent, car la sécheresse a fait baisser les réserves. En Alberta, ces recettes devraient être stables en 2002 parce que la sécheresse sévit dans une grande partie de la province pour une troisième année consécutive. Les autres provinces devraient normalement enregistrer une hausse des recettes pour les céréales, les oléagineux et les cultures spéciales, car les conditions de 2002 sont généralement plus favorables aux cultures et les prix sont sensiblement meilleurs.

Les recettes tirées du bétail devraient chuter dans presque toutes les provinces en 2002, et ce, principalement à cause des prix plus bas qui sont partiellement compensés par une augmentation des mises en marché. Cependant, les recettes des ventes de bétail devraient être supérieures à la moyenne quinquennale dans toutes les provinces.

On prévoit que les paiements faits au titre des programmes chuteront dans toutes les provinces en 2002 et qu’ils seront supérieurs à la moyenne quinquennale antérieure de l’Île-du-Prince-Édouard, de l’Ontario, de la Saskatchewan et de l’Alberta.

Publication

Les prévisions sur les recettes, les dépenses et le revenu par province (sans ventilation par poste) seront rendues publiques dans le numéro de juillet 2002 de la publication « Revenu agricole, situation financière et aide gouvernementale : recueil de données » disponible électroniquement.

Notes

1. Les prévisions du revenu agricole ont été préparées par le Ministère, avec la collaboration des provinces. Elles reflètent l’information et les politiques en vigueur à la fin de juin 2002. Le Ministère est chargé de préparer des prévisions préliminaires, à partir d’un ensemble d’hypothèses sur les quantités et les prix, de consulter les provinces pour obtenir leurs données et de former un consensus sur les prévisions et leur divulgation au public.

2. Le revenu net réalisé du Canada devrait diminuer d’environ 1,1 milliard de dollars par rapport aux prévisions de janvier 2002. Les recettes des productions végétales ont été révisées à la baisse, soit une diminution de 336 millions de dollars, une baisse attribuable en grande partie aux conditions de sécheresse imprévues dans les régions du Nord de la Saskatchewan et de l’Alberta au cours de la campagne agricole de 2002. En raison des attentes plus faibles de production, les mises en marché de céréales, d’oléagineux et de cultures spéciales ont diminué, mais les prix plus élevés des céréales atténuent quelque peu les effets de cette situation. Les recettes tirées du bétail ont été révisées à la baisse, soit une diminution de 512 millions de dollars. Avec des conditions plus sèches que prévu, on ne prévoit aucune reconstitution du cheptel bovin en 2002. Les ventes de bovins ont été révisées à la hausse par rapport aux prévisions de janvier et les prix ont diminué. Les recettes tirées du veau ont été révisées à la baisse. En Amérique du Nord, la production porcine a été plus importante que prévue et des approvisionnements accrus de viandes concurrentielles ont exercé une plus forte pression sur les prix du porc, qui ont baissé de 17 p. 100 par rapport aux prévisions de janvier (6. p. 100). Les paiements de programme ont diminué de 199 millions de dollars en raison d’une diminution des paiements relatifs à l’assurance-récolte et aux programmes de stabilisation provinciaux.

3. Le REVENU MONÉTAIRE NET mesure les liquidités des entreprises agricoles (revenu brut moins frais d’exploitation) obtenues grâce à la production de biens agricoles. Il représente les disponibilités monétaires pour le remboursement des dettes, l’investissement ou les retraits par le propriétaire. Le REVENU NET RÉALISÉ mesure les flux financiers, tant monétaires (revenu en espèces) que non monétaires (amortissement et revenu en nature) des entreprises agricoles. Il représente le revenu net agricole d’une année donnée, sans égard à l’année de production des biens agricoles. Le REVENU NET TOTAL mesure les flux financiers et les variations des stocks des entreprises agricoles. Il chiffre la production économique agricole au cours de l’année de production des biens agricoles. Il représente le rendement des capitaux propres du propriétaire, le travail non rémunéré, l’administration et les risques.

4. Toutes les mesures du revenu net agricole sont relativement faibles par rapport aux recettes et aux dépenses. Par conséquent, une variation mineure des recettes monétaires ou des dépenses peut avoir des répercussions sensibles sur les niveaux de revenu net. Par exemple, une augmentation de 1 p. 100 des recettes monétaires agricoles de 30 milliards de dollars entraînerait une augmentation de 12 p. 100 du revenu net réalisé de 2,8 milliards de dollars.

5. Les paiements du Compte de stabilisation du revenu net (CSRN) représentent uniquement les retraits des producteurs du fonds 2 (celui de l’État). L’accumulation considérable dans le fonds 1 (celui des producteurs) et les montants autorisés mais non retirés du fonds 2 ne sont pas inclus. Le programme est conçu en fonction des revenus individuels et tient compte de l’ensemble de l’exploitation. Les producteurs ne sont pas tenus de retirer de leur compte les montants autorisés.

6. L’année de référence (2001) correspond aux estimations publiées par Statistique Canada, le 28 mai 2002. La moyenne quinquennale 1997-2001 couvre un intervalle dans lequel la plupart des secteurs agricoles ont eu un rendement satisfaisant, plus particulièrement dans les premières années de la période. Les recettes des productions végétales ont grimpé à un niveau inégalé en 1997, pour ensuite commencer à baisser en 1998, jusqu’en 2001, où une légère augmentation a été enregistrée. Les recettes tirées du bétail, secteurs des bovins et des porcins en tête, ont conservé une tendance à la hausse au cours de la période quinquennale.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada

http://Aceis.AGR.CA/

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