Ottawa doit accélérer le processus d’homologation des biopesticides

Laval (Québec), 21 septembre 2001 – À l’occasion de la réunion du Conseil canadien des ministres de l’Environnement (CCME) qui a lieu à The Pas (Manitoba), le ministre de l’Environnement, M. André Boisclair, annonce qu’il a l’intention de partager avec ses collègues, les préoccupations des Québécoises et des Québécois quant à l’utilisation abusive des pesticides, notamment en milieu urbain.

« Le problème de l’utilisation des pesticides en milieu urbain est amplifié par le fait que les consommateurs n’ont pas accès à des produits moins nocifs. C’est pourquoi j’ai demandé à ce que ce dossier soit inscrit à l’ordre du jour du CCME. Je veux obtenir de mes collègues qu’ils s’associent au Québec pour demander au gouvernement fédéral d’accélérer le processus d’accréditation des biopesticides et de procéder rapidement à la réévaluation des pesticides d’usage domestique. De plus, une amélioration s’impose quant à la classification et à l’étiquetage des pesticides d’usage domestique », précise le ministre Boisclair.

Rappelons qu’au Canada, le domaine des pesticides est une compétence partagée entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux et territoriaux. Le gouvernement fédéral est responsable de l’homologation, de l’étiquetage et de la mise en marché des pesticides, responsabilité qu’il a confiée à l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA). Les provinces et les territoires réglementent la vente, l’usage et la distribution des produits homologués.

Le Canada est manifestement en retard sur son propre plan d’action, l’ARLA s’étant notamment engagé à procéder pour 2001, à la réévaluation des sept matières actives les plus couramment utilisées dans les produits destinés au traitement des pelouses.

Depuis 1995, l’ARLA et l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) travaillent à harmoniser, dans le contexte de la libre circulation des produits, leur processus respectif de certification et elles ont établi un protocole conjoint visant à faciliter l’homologation de nouveaux biopesticides dans les deux pays.

Or, à l’heure actuelle, un tableau comparatif révèle le net retard du Canada par rapport aux États-Unis. On retrouve aux États-Unis 175 biopesticides connus sous 700 appellations commerciales différentes alors qu’au Canada, leur nombre s’établit à 35 seulement, que l’on trouve sous 150 appellations commerciales différentes, soit 5 fois moins.

« La santé et l’environnement me tiennent à coeur. C’est pourquoi le Québec souhaite prendre un leadership déterminant sur cette question. J’espère convaincre mes collègues du Conseil canadien des ministres de l’Environnement afin d’obtenir du gouvernement fédéral qu’il mette tout en oeuvre pour faciliter rapidement l’accès de nos concitoyennes et concitoyens à des produits qui présentent le moins de risques pour la santé », conclut le ministre Boisclair.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA)

http://www.hc-sc.gc.ca/pmra-arla/

Ministère de l’Environnement du Québec

http://www.menv.gouv.qc.ca

United States Environmental Protection Agency (US EPA)

http://www.epa.gov/

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