Payantes, les bandes riveraines?

Comment tirer profit du pourtour des cours d’eau sans en compromettre la santé? Le Bulletin des agriculteurs a recueilli les propos d’intervenants et de producteurs qui ont tenté l’expérience d’implanter des bandes riveraines plus larges et d’en tirer un revenu.

En 2007, les producteurs des tributaires de la rivière aux Brochets, dans la région de Bedford, ont été sollicités afin d’implanter la lisière verte, un projet pilote de protection des affluents de la baie Missisquoi. La superficie protégée effleure les 100 hectares et comporte des plaines inondables.

Les travaux ont commencé par des aménagements visant la réduction de l’érosion. Ensuite, on a ensemencé des bandes riveraines de 9 m de large en cultures pérennes (foin ou panic érigé) sur les berges concernées.

« Une bande riveraine de 3 m, c’est souvent un foyer de mauvaises herbes, explique l’initiateur du projet, Richard Lauzier, agronome et conseiller en agroenvironnement au MAPAQ de Bedford. Dans le projet pilote avec bandes plus larges, on a tenu compte de la largeur de coupe de la machinerie. »

Bandes à foin
À la Ferme Serge Parent et Jeanne Chaussé de Standbridge-Station, en Montérégie, le foin récolté en périphérie du ruisseau Castor s’intègre à l’alimentation des 75 vaches.

De plus, sur une terre louée, le panic érigé protège les berges de l’érosion sur 1,2 ha.

Fauché, le panic érigé est pressé en petites balles carrées et servira de litière. « Le panic fait une belle paille. Elle s’étend mieux et semble plus absorbante », souligne Serge Parent. Cette plante de la famille des poacées est fauchée après les premiers gels de l’automne. Au printemps, sa paille est récoltée et pressée.

« La fauche et la récolte du panic érigé ne nuisent pas et n’entrent pas en conflit avec les autres travaux de la ferme, puisqu’il est fauché après la récolte du maïs et pressé avant les semis », indique Richard Lauzier.

Panic autour du ruisseau
Propriétaire de la Ferme Dieppe de Saint-Alexandre en Montérégie, Pierre St-Denis a lui aussi ensemencé les pourtours du ruisseau Castor en panic érigé. Trois hectares de bandes riveraines verdissent le paysage de la Ferme Dieppe.

Aux balbutiements du projet, ce producteur de grandes cultures avait été séduit par l’idée de vendre le panic à l’usine de granules. « Une usine de transformation du panic érigé en granules devait s’installer dans la région, mais le projet est tombé à l’eau, précise Richard Lauzier. Je comprends que les producteurs puissent être découragés. Ils ont moins de débouchés pour vendre leur récolte de panic. »

Le panic récolté en pourtour de la bande riveraine de la Ferme Dieppe est écoulé localement. « Le voisin achète le panic. Je le fauche et il le récolte. C’est moins payant que le maïs, mais cette culture ne me coûte presque rien », explique Pierre St-Denis.

En prévision de l’enherbement des bandes riveraines impliquées dans le projet pilote, on a installé des aménagements réduisant l’érosion de surface. Ainsi, à la Ferme Dieppe, on a placé près de 35 avaloirs aux endroits stratégiques. « Les avaloirs m’aident à circuler dans le champ. Je fais moins de détours même si j’ai une charrue réversible », souligne Pierre St-Denis.

Lisez l’article complet et illustré dans votre Bulletin des agriculteurs de juillet 2011.

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