Perte de terres agricoles et disparition des fermes au Canada

Statistique Canada a livré un portrait du secteur agricole reflétant les profonds changements vécu par ce dernier depuis le début des années 2000. L’organisme s’est penché sur la géographie ainsi que sur la place des activités agricoles dans l’économie. Les dernières décennies ont vu le paysage agricole se modifier en profondeur, tant au niveau démographique que sur la manière de pratiquer l’agriculture.

Par exemple, l’augmentation de la population au pays n’a pas été sans impact. La zone habitée sur les terres agricoles a grimpé de 19% en l’espace de 10 ans, soit de 2001 à 2011, ce qui correspond à presque 1 million d’hectares. La plus forte augmentation a été enregistrée dans la région délimitée par les trois Grands Lacs au sud et se prolongeant le long du fleuve Saint-Laurent jusqu’à la ville de Québec. La zone habitée sur des terres agricoles cultivables s’est accru de 27% ou 128 030 hectares. Plus de la moitié de cette croissance est attribuable à la région du Grand Golden Horseshoe qui regroupe, entre autres, les villes de Toronto et Mississauga.

Par ailleurs, la superficie agricole au Canada a diminué de 6% en 40 ans, passant de 68,7 millions d’hectares à 64,8 millions, une perte de 3,9 millions d’hectares qui correspond à peu près à la taille de l’île de Vancouver en Colombie-Britannique.

Un portrait économique et démographique

Statistique Canada indique également que l’agriculture primaire (la production de cultures et l’élevage d’animaux) représentait 1,1 % du PIB du pays en 2010, et 1,6 % de l’emploi. Les Canadiens achètent aussi local. Plus de 70 % des aliments achetés en 2010 étaient produits au pays, ce qui est surtout le cas pour la viande, les produits laitiers, les œufs, le pain et les céréales.

Les fermes canadiennes ont produit en 2012 plus de 134 millions de tonnes d’extrants agricoles d’une valeur de 54,2 G$. Le Québec, l’Ontario et l’Alberta se partageaient 74 % de la production de bétail et de viande de volaille alors que le Québec et l’Ontario sont responsables de 70 % de la production de lait et 55 % de la production d’œufs.

En 2011, 2 % des Canadiens ou 650 395 personnes vivaient de l’agriculture. Dans les régions rurales, ce pourcentage grimpe à 10 %. Le nombre de fermes chute cependant rapidement : de 1991 à 2011, le nombre d’exploitants agricoles a reculé de 25% avec presque 100 000 fermes de moins, passant de 390 875 à 293 925 fermes. Les plus de 45 ans dominent aussi en agriculture.

Des pratiques de plus en plus courantes

Si le profil démographique change rapidement, la manière de travailler la terre a aussi connu de profonds changements. Alors que la culture sans travail du sol représentait 7% des pratiques en 1991, cette proportion est passée à 56% vingt ans plus tard. En 2011, 53% des fermes procédaient à au moins un test de sol à tous les trois ans, dont 20% à tous les ans. Les fermes utilisent aussi la rotation comme moyen de lutte aux parasites dans une proportion de 55%, la méthode étant plus populaire en Ontario, en Saskatchewan, au Manitoba et en Alberta.

Toujours en 2011, 24 % des fermes avaient des plantes fourragères vivaces permanentes sur des terres érodables, 20 % utilisaient des engrais à libération lente et 18 % ajoutaient du paillage pour améliorer les conditions du sol. Des plantes couvre-sol ou des plantes compagnes étaient ensemencées sur 15 % des fermes et 9 % des agriculteurs plantaient des couvre-sol d’hiver ou de l’engrais vert après la récolte.

Pour lire le rapport de Statistique Canada.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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