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Porc: il y aura d’autres maladies émergentes

Robert Desrosiers, vétérinaire au service technique, Boehringer Ingelheim Canada.

Robert Desrosiers, vétérinaire au service technique, Boehringer Ingelheim Canada.

Au cours des 40 dernières années, le secteur porcin a connu plusieurs épisodes de maladies émergentes. Quatre pathogènes ont particulièrement retenu l’attention : actinobacillus pleuropneumonie (APP), le syndrome reproducteur et respiratoire porcin (SRRP), le circovirus porcin de type 2 (PCV2) et la diarrhée épidémique porcine (DEP).

Ce n’est pas fini. Il y en aura d’autres. Dans la conférence Les maladies émergentes : l’épée au-dessus de nos têtes présentée au dernier Porc Show, le vétérinaire Robert Desrosiers, au service technique chez Boehringer Ingelheim Canada, explique l’importance de regarder le passé afin de mieux élaborer une stratégie pour l’avenir.

Première constatation : les maladies importantes comme le SRRP étaient déjà présentes dans les élevages avant de devenir problématiques. Dans le cas du SRRP, il a fallu cinq ans pour identifier le virus et 20 ans pour démontrer que la transmission peut se faire de façon aérienne. Le cas du SRRP démontre toute la problématique de faire face à des maladies émergentes.

Avec les années, l’industrie porcine ne s’est pas débarrassée des maladies émergentes. Elle n’a fait qu’apprendre à vivre avec. La DEP est l’exception. Toutefois, son éradication du territoire du Québec aurait été plus difficile si la maladie avait frappé le Québec avant l’Ontario et les États-Unis. Nous avons bénéficié de leur expérience. De plus, le risque n’est pas complètement écarté.

Les futures maladies émergentes viendront de pathogènes ou d’organismes inoffensifs connus. Ils sont déjà présents en sol québécois ou non. Et leur pathogénicité pourra s’aggraver.

Que faire alors?

Voici quelques pistes proposées par Robert Desrosiers :

  • commencer par l’élevage de truies;
  • choisir un lieu bien situé, bien protégé;
  • s’assurer d’avoir des animaux plus sains;
  • sélectionner des animaux plus résistants;
  • fermer son élevage;
  • constituer des bandes de truies;
  • avoir des sites en sevrage-finition;
  • faire du tout plein – tout vide par site;
  • évaluer le retour sur l’investissement d’un système de filtration de l’air;
  • évaluer toute alternative pour diminer la présence de pathogènes, comme la vaccination.

Robert Desrosiers insiste sur l’importance de travailler sur la viabilité autant que sur la profitabilité des élevages.

« Le SRRP nous coûte chaque année entre 40 et 50 millions$. Même si on injecte 4 à 5 millions$ de façon collective dans la prévention, ce ne serait qu’une petite partie de ce que nous coûte la maladie », explique-t-il.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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