Premiers pas pour une reprise des négociations à l’OMC

Londres (Angleterre), 12 janvier 2004 – Les États-Unis ont fait connaître leur souhait de relancer les négociations commerciales internationales dites du cycle de Doha, enlisées après l’échec de la conférence de Cancun en septembre, et demandent pour cela à l’Union européenne de mettre fin à ses subventions aux exportations agricoles.

Dans un courrier adressé aux 146 membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et aux responsables du commerce mondial, le représentant américain au Commerce Robert Zoellick déclare que ces subventions sont le principal obstacle au progrès des négociations commerciales internationales.

« Je crois que nous ne pourrons pas résoudre le casse-tête (des négociations) (…) à moins de parvenir à un accord sur l’élimination des subventions à l’export à une date précise », écrit Robert Zoellick dans sa lettre dont Reuters s’est procuré un exemplaire.

Jusqu’à présent, ni les Etats-Unis, ni l’Union européenne, qui avaient tous deux attribué l’échec de Cancun à l’attitude de grands pays en développement comme le Brésil et l’Inde, n’avaient fait montre d’un très grand intérêt dans la relance des négociations.

Selon le Financial Times qui a révélé l’information, Robert Zoellick souhaite des discussions en milieu d’année afin de permettre la tenue d’une réunion ministérielle à Hong Kong à la fin 2004.

Les États-Unis prêts à céder sur les questions de Singapour
Le cycle dit de Doha, lancé dans la capitale qatarie fin 2001 et qui vise une levée générale des barrières au commerce, devait à l’origine être bouclé fin 2004. Les chances de respecter le calendrier sont faibles en l’état actuel des discussions, estiment la plupart des observateurs.

Selon Robert Zoellick, les réformes agricoles sont cruciales et notamment celles qui concernent la réduction des subventions massives à la production octroyées par les Etats développés à leurs agriculteurs. La baisse des droits de douane qui frappent les importations doit également être étudiée, estime-t-il.

« A mon avis, il nous faudra parvenir à un accord plus précis sur les questions agricoles avant que les négociations sur l’accès aux marchés des biens manufacturés puissent avancer », a-t-il dit.

Autre coup dur pour l’UE, Robert Zoellick se dit prêt à accepter de renoncer à presque tous les nouveaux domaines de négociations tels que l’investissement et la concurrence, que Bruxelles et ses alliés, le Japon et la Corée du Sud notamment, voulaient inclure dans le cycle de Doha. Ces questions dites singapouriennes parce qu’elles ont été pour la première fois soulevées lors de la conférence de l’OMC de 1996 à Singapour sont en général très contestées par les pays en développement.

Le représentant américain au Commerce estime toutefois que les pays en développement doivent faire preuve de davantage de souplesse en ce qui concerne l’ouverture de leurs propres marchés aux produits agricoles et aux biens manufacturés.

L’Union européenne, qui s’apprête avec d’autres membres de l’OMC à demander à l’organisme genevois de lever certaines sanctions commerciales à l’encontre des Etats-Unis, n’a pas pour l’instant fait connaître sa réaction. Le porte-parole du directeur général de l’OMC Supachai Panitchpakdi a en revanche salué l’initiative.

« Le directeur général s’est entretenu avec Zoellick et il est très favorable au rôle de tête que prennent les Etats-Unis », a déclaré le porte-parole.

Source : Reuters

Commentaires