Producteurs laitiers : contrôlez vos coûts

Selon Daniel-Mercier Gouin, professeur en agroéconomie à l’Université Laval, les producteurs laitiers doivent profiter de cette période pendant laquelle il leur est impossible d’acheter du quota pour consolider leur entreprise. Tel est le message qu’il a lancé aux 511 participants du Rendez-vous laitier AQINAC le 27 mars dernier à Drummondville.

« C’est évident ce qu’il faut faire durant cette pause : diminuer l’endettement, dit-il. C’est là la marge de manœuvre pour faire face à une éventuelle diminution des prix. » Pour y arriver, le producteur doit revoir tous les postes de coûts à la ferme.

Daniel-Mercier Gouin estime que le plafond dans les quotas était essentiel. « À 900$ dans le poulet, le plafond est arrivé très tard, dit-il. Dans le lait, il est arrivé au bon moment : à 25 000$. » Selon lui, le coût du quota devrait pouvoir se payer en cinq ans : « À plus de 25 ans de délai de récupération, c’est trop élevé. »

Le prix du lait en fonction du coût de production, c’est la force et la faiblesse de la gestion de l’offre. Pendant que le prix du lait au Québec augmente graduellement, les producteurs américains doivent composer avec le prix du marché. Or la différence de prix entre les deux marchés s’agrandit de plus en plus, ce qui rend de plus en plus avantageux pour les Américains d’exporter certains produits laitiers au Canada, malgré le tarif à l’importation de 245%. En comparaison, le poulet suit la même tendance. « Le marché est encore protégé, mais c’est de plus en plus serré pour la poitrine de poulet », explique-t-il. Donc, même si le système de gestion de l’offre demeure, l’accès au marché canadien sera de plus en plus avantageux pour certains produits américains.

Cette conférence et toutes celles présentées lors de cette journée sont disponibles en suivant ce lien.

Cet autre article sera en ligne dès le lundi 16 avril : Comment réduire ses coûts ?

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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