Production biologique : un pas dans la bonne direction

Saint-Hyacinthe (Québec), 18 octobre 2001 – Alors qu’ils fondaient beaucoup d’attentes sur le Rendez-vous des décideurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire, les agriculteurs « bio » considèrent que la moitié du chemin est faite avec l’accueil favorable qu’a réservé, le ministre de l’Agriculture, M. Maxime Arseneau, aux orientations de leur plan de développement pour l’agriculture biologique et que l’autre moitié sera complétée une fois que les mesures financières appropriées auront été déterminées par le gouvernement.

« C’est certain, ont déclaré conjointement le président de la Fédération d’agriculture biologique du Québec (FABQ), M. Pierre Gaudet, et le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), M. Laurent Pellerin, que les producteurs biologiques auraient aimé que le gouvernement présente cette nouvelle politique avec les moyens qui devraient l’accompagner, mais il faut sans doute comprendre qu’il a préféré profiter de l’occasion du Rendez-vous des décideurs pour mieux prendre le pouls du secteur en vue de parfaire les mesures qu’il entend mettre de l’avant. »

MM. Gaudet et Pellerin ont effectivement pris bonne note des propos du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, qui a réitéré sur le parquet du Rendez-vous des décideurs que « le développement de l’agriculture biologique fait partie des priorités du MAPAQ », insistant sur le fort potentiel de création d’emplois qu’offre ce secteur en plein développement, aussi bien en production qu’en transformation.

Tant la FABQ que l’UPA s’entendent avec le ministre pour souligner les opportunités de croissance de la production biologique. Les perspectives d’avenir indiquent d’ailleurs très clairement que cette production anticipe une augmentation annuelle de 25 % pour les prochaines années et que le nombre de ferme dites « bio » pourrait passer de 1000 aujourd’hui à 3000 en 2005.

Les attentes du milieu à l’égard de la nouvelle politique sont d’autant plus grandes que les partenaires de la production se sont entendus unanimement sur les paramètres d’un lan d’action qui prévoit six axes d’intervention et qui avait donné lieu, en juin dernier, à une rencontre entre le ministre de l’Agriculture, la filière bio, la FABQ et l’UPA. Les producteurs biologiques québécois se sont donc donné les outils qu’il faut et ils ont clairement envoyé le signal qu’ils sont prêts comme jamais à aller de l’avant.

Soulignons qu’au Québec, il y a nettement place au développement de l’agriculture biologique, car l’offre est loin d’égaler la demande, 70 % des produits bio consommés chez nous venant de l’étranger.

Selon la FABQ, un 15 M $ d’argent neuf étalé sur les cinq prochaines années suffira pour aller de l’avant avec la nouvelle politique. Sur cette somme, deux millions pourra servir au financement du Conseil d’accréditation (CAQ), dix autres pour les mesures d’aide concernant la transition au « biologique » et trois autres au transfert du savoir-faire. Le CAQ a tout particulièrement besoin de l’injection de nouvelles ressources pour jouer pleinement son rôle de contrôle et de surveillance de l’appellation biologique.

« S’il n’a pas saisi l’occasion du Rendez-vous des décideurs, nous nous attendons ardemment que le gouvernement se reprenne dans son prochain budget, qui est attendu sous peu. C’est en effet la seule lecture que MM. Gaudet et Pellerin font des propos du ministre Arseneau, qui a pris la peine de rappeler aux partenaires de cette filière que “le MAPAQ considère l’agriculture biologique comme un secteur d’avenir et qu’il est déterminé à appuyer son développement. »

« Le gouvernement est d’autant plus justifié d’aller dans cette voie, de conclure M. Pellerin, que le soutien à la production biologique cadre tout à fait dans l’approche d’appui à la transformation et à la valorisation des produits agricoles en région que l’Etat a mise de l’avant le printemps dernier et qui devrait ressortir comme un des éléments-clés de sa nouvelle politique
de transformation alimentaire. »

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)

http://www.upa.qc.ca/

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