Équiterre : les députés doivent élargir le débat et traiter les problèmes à la source

Montréal (Québec), 3 février 2004 – « Les catastrophes sanitaires comme la maladie de la vache folle ne sont que des symptômes d’un système de production alimentaire qui doit être profondément repensé. Nous convions donc les députés à aller à la source même des problèmes de sécurité alimentaire. » C’est en ces termes que les représentants du mouvement Equiterre présentent à Québec leur mémoire sur l’agriculture biologique et locale devant les députés membres de la Commission parlementaire chargée de l’étude des enjeux de la sécurité alimentaire.

Dans son mémoire, Equiterre propose aux parlementaires des solutions quis’intéressent directement à la source des problématiques de santé publique etenvironnementales. La promotion de l’agriculture biologique et locale ainsique de circuits courts de mise en marché, l’imposition d’un logo « bio local »unique, la révision des programmes gouvernementaux de soutien à l’agriculture,de même que l’application du principe de précaution dans le domaine des OGMconstituent le coeur des propositions de l’organisme.

« Plusieurs pratiques propres à l’agriculture industrielle conventionnellesont à l’origine des problématiques d’insécurité alimentaire que nous vivons »,explique Frédéric Paré, coordonnateur du programme d’agriculture écologiquechez Equiterre. « L’utilisation de pesticides et d’engrais chimiques,d’hormones de croissance, d’antibiotiques et de farines carnées en sont desexemples concrets. Les méthodes propres à l’agriculture biologique et localeaugmentent la sécurité de l’approvisionnement alimentaire dès le départ, tantà l’égard de la quantité, de l’accès et de la qualité des aliments. »

De plus, le nombre impressionnant d’intermédiaires entre la ferme etl’assiette complexifie de façon importante la traçabilité des aliments quenous consommons. « L’agriculture biologique locale, en plus de comprendre sonpropre système de traçabilité, réduit le nombre d’intermédiaires et rapprocheles consommateurs des producteurs des aliments qu’ils consomment », rappelle-t-il.

Bien que n’étant pratiquée que par 2 % des fermes québécoises,l’agriculture biologique fait l’objet d’un encadrement législatif etréglementaire strict au Québec. L’appellation « biologique » y est contrôlée etles aliments biologiques sont inspectés au cours de leur production et de leurtransformation par des organismes indépendants. L’agriculture biologiqueexclue d’emblée les OGM, les pesticides et les engrais chimiques, de même queles hormones de croissance, les antibiotiques et les farines carnées, dans lecas de la viande biologique. Equiterre propose aux parlementaires deprivilégier le développement de l’agriculture biologique locale dans le cadredes programmes existants de soutien à l’agriculture.

« Déjà, la Suisse et l’Autriche ont converti quelque 10 % de leurs terresagricoles à la production biologique », mentionne Sidney Ribaux, coordonnateurgénéral d’Equiterre. « Nous proposons que le Québec se donne un objectifsimilaire pour 2015. Il faut aussi mettre de l’ordre dans les nombreux logosde certification d’aliments biologiques produits localement. L’Etat devraitn’en reconnaître qu’un seul et en faire la promotion. Cela clarifieraitgrandement les choses pour les consommateurs. »

Le principe de précaution et les OGM
La prolifération des organismes génétiquement modifiés compromet parailleurs l’agriculture biologique. Poussées entre autres par les vents, lessemences d’OGM contaminent les champs des agriculteurs qui veulent offrir auxconsommateurs des aliments qui en sont exempts. Equiterre propose donc, àl’instar de plusieurs groupes écologiques et de regroupements deconsommateurs, l’application du principe de précaution dans le dossier desOGM. « Nous devons, collectivement, faire le tour de la question, comme nous lefaisons actuellement dans le dossier de la production porcine », soutientFrédéric Paré. « C’est pourquoi nous demandons au gouvernement de confier auBAPE un mandat d’enquête sur la question des OGM. Entre-temps, un moratoiresur la dissémination des OGM sur le territoire québécois apparaît essentiel. »

Équiterre, qui oeuvre dans le domaine de l’agriculture biologique etlocale depuis une dizaine d’années, a pour mission de contribuer à bâtir unmouvement citoyen en prônant des choix individuels et collectifs à la foisécologiques et socialement équitables.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Équiterre
http://www.equiterre.qc.ca/

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