Semer ou ne pas semer?

C’est la grande question existentialiste de chaque producteur agricole. Avec un mois d’avril 2016 plutôt froid, vaut-il courir le risque de semer dans un sol frigorifié? « On devrait semer dans un sol dont la température est de 8 degrés C à 10 degrés C », dit Jean-Marc Montpetit, sélectionneur chez DuPont Pioneer.

Le problème c’est l’eau. Dès que celle-ci touche la semence, cette dernière se met à germer. Si le sol est trop froid, la semence risque de mal germer voire de pousser difforme. « C’est une question de gestion des risques », ajoute Jean-Marc Montpetit. « Si on sème trop tôt et que le temps est froid, on risque une perte. Et si on sème trop tard, comme la fin mai début juin il faut pratiquement changer d’hybrides. Pour le maïs, c’est limite », dit-il.

Pour vraiment savoir si le temps des semis est venu, Jean-Marc Montpetit recommande l’emploi du bon vieux thermomètre, pour prendre la température du sol. Et d’avoir un œil, le bon, sur les prévisions météorologiques.

Il estime qu’un jour sur trois est propice au semis au mois de mai, ce qui laisse une fenêtre de dix jours pour faire ses semis. À son avis, un tiers des superficies de la Montérégie sont déjà semées. Comme la température s’annonce plus clémente dans les prochains jours, il risque d’avoir beaucoup d’activités dans les champs, prédit-il.

à propos de l'auteur

Journaliste, photographe et agroéconomiste

Nicolas Mesly

Nicolas Mesly est agroéconomiste, journaliste et photographe spécialisé dans les enjeux agroalimentaires. Il couvre les grandes cultures pour Le Bulletin des agriculteurs.

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