Souveraineté alimentaire: on doit voir plus grand, aller plus loin!

Saint-Hyacinthe (Québec), 6 septembre 2007 – « L’Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière (AQINAC) appuie l’idée de souveraineté alimentaire, soit que chaque pays vise d’abord à nourrir son monde avant de nourrir la planète. » C’est en ces termes que M. Yvan Lacroix,président-directeur général de l’AQINAC, exprime aux représentants des médias,et à ceux des secteurs agricole et agroalimentaire québécois, la position del’association relativement aux objectifs du Rendez-vous québécois pour lasouveraineté alimentaire « D’abord nourrir notre monde ».

Ainsi, les membres de l’AQINAC encouragent le droit de tous les peuples àdéfinir leur propre politique alimentaire et agricole. A ce propos, il faudraque les réglementations élaborées par l’Etat tiennent compte de la notion deréciprocité, réclamée haut et fort par bien des groupes s’étant présentés auxaudiences de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et del’agroalimentaire québécois. Car la souveraineté alimentaire d’un pays nesignifie en rien l’arrêt des échanges commerciaux.

A la suite d’une réflexion sur les idées présentées par les organisateursdu Rendez-vous québécois pour la souveraineté alimentaire, les dirigeants del’AQINAC constatent quelques écarts, tout aussi bien que des assentiments, parrapport à leur connaissance et leur vision du secteur agricole québécois. Toutd’abord, ceux-ci croient fermement à la gestion de l’offre comme mécanismepermettant une planification des productions en fonction des besoins internes,et assurant des revenus convenables. C’est donc à juste raison que cet outilest présenté comme l’un de ceux qui aidera le Québec pour l’atteinte desobjectifs de la souveraineté alimentaire.

L’AQINAC pense toutefois qu’il faut regarder plus loin en ce qui a traitaux modèles économiques des entreprises du Québec, le projet présenté faisantfi de certaines formes. La coopération, bien sûr, est une des diverses formesd’entreprises à considérer. Cependant, il y a lieu de s’appuyer également surles autres modèles existants, dont l’entreprise privée. Tous ces modèles fontleurs preuves jour après jour, tant en termes de productivité que pourrépondre aux besoins des producteurs agricoles et des consommateurs. Si lepassé est effectivement garant de l’avenir, il appert évident que tous cesmodèles pourront, aussi bien l’un que l’autre, être partie prenante d’unprojet de souveraineté alimentaire.

Bien sûr, le monde agricole québécois possède des systèmes de mise enmarché collective uniques. Ceux-ci pourraient certainement répondre encoreplus efficacement à l’ensemble des besoins des diverses productions agricoles.En ce sens, l’AQINAC préconise que des modifications importantes leur soientapportées. « Il nous apparaît évident que de laisser le libre choix d’utiliserou non un service de mise en marché collective ne pourra qu’être bénéfiquepour l’ensemble de la filière agricole, du fournisseur d’intrants jusqu’auconsommateur. La souveraineté alimentaire ne passe certainement pasessentiellement par des mécanismes de mise en marché collectiveincontournables. Le libre choix pourra tout aussi bien rencontrer lesobjectifs de réalisation de la souveraineté alimentaire du Québec », ajouteM. Lacroix.

Il va de soi que l’AQINAC approuve l’idée de mieux structurer leséchanges commerciaux et de privilégier chez nous, les produits de chez nous.Il faut cependant aller plus loin pour assurer la croissance économique dessecteurs de la production et de la transformation des produits exportables, etpour en sécuriser les emplois. De plus, on ne doit pas laisser croire à lapopulation que la survie de l’agriculture québécoise passe forcément par lasouveraineté alimentaire. Il a été maintes fois démontré que nos grandesentreprises de l’alimentation, par leurs investissements en recherche etdéveloppement, entre autres, apportent des solutions novatrices et salutairespour les fermes québécoises ainsi que le développement de produits visant descréneaux spécifiques, pour des marchés internes et/ou externes.

Après avoir été invitée à participer, à titre de partenaire, auRendez-vous québécois pour la souveraineté alimentaire, l’AQINAC a interpelléles organisateurs de l’événement en proposant, sur la base d’éléments décritsprécédemment, une rencontre visant à travailler, concrètement etsolidairement, à pousser plus loin la réflexion, et ainsi ajuster le texte duprojet de déclaration « D’abord nourrir notre monde – Pour un contrat socialrenouvelé sur la base de la souveraineté alimentaire ». Ceci, de touteévidence, n’a pu se concrétiser. Ainsi, l’AQINAC n’a pu endosser le projet dedéclaration, condition sine qua non exigée pour sa participation au Sommet despromoteurs de la souveraineté alimentaire.

Il n’en demeure pas moins que l’AQINAC continue d’appuyer la notion desouveraineté alimentaire, bien que le projet actuel ne représente pas toute laréalité. En résumé, les objectifs du projet sont louables, reste à en ajusterles moyens.

L’AQINAC, fondée en 1962, regroupe près de 200 membres, tous des joueursclés de l’industrie agroalimentaire québécoise, principalement fabricantsd’alimentation animale et/ou négociants en céréales. Elle oeuvre, entreautres, à répondre aux exigences des consommateurs et de la société en matièrede sécurité alimentaire, d’environnement, de qualité, de conditions d’élevageet de retombées économiques, en plus de contribuer, par son dynamisme, audéveloppement de sa clientèle-producteur et de leurs productions, tout enfaisant la promotion de l’industrie agroalimentaire moderne.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière (AQINAC)
http://www.aqinac.com

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