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Soya à taux variables?

Faire varier le taux de semis en fonction des variations de potentiel de rendement à l’intérieur d’un même champ est de plus en plus commun en production de maïs-grain. Dans le soya, la pertinence de cette pratique est beaucoup moins évidente.

PHOTO : André Dumont

PHOTO : André Dumont

Les taux de semis de soya gagnent à être ajustés en fonction de la date de semis, de la variété choisie et des propriétés du sol, mais encore peu de producteurs osent les faire varier selon des conditions de sol qui changent à l’intérieur d’un champ.

Contrairement au maïs, le taux de semis du soya n’influe pas directement sur le rendement. « Pour aller chercher tout le potentiel de rendement, le plus important est d’avoir une distribution uniforme de la population », affirme Gilles Tremblay, au CÉROM.

« Dans la liste de facteurs de rendement du soya, le taux de semis arrive assez loin, dit Pascal Larose, de La Coop fédérée. Pour optimiser les rendements, il faut d’abord semer le plus hâtivement, choisir le bon cultivar et ajouter un démarreur à base d’azote pour permettre un meilleur développement végétatif avant la nodulation. »

Chez Prograin, quelques clients utilisent plus d’un taux de semis dans de grands champs de soya qui présentent d’importantes variations de texture de sol et de fertilité. « Les différences de fertilité, de structure du sol et de pH seraient à considérer, mais s’il n’y a pas de grosses variations, on n’est peut-être pas rendu à faire varier le taux de semis », affirme l’agronome Miguel Provost.

L’idée d’ajuster un taux de semis en fonction de la texture d’un sol et de sa fertilité demeure tout à fait pertinente, croit Miguel Provost. Par exemple, dans un sol sablonneux peu fertile, on rehaussera la population, parce que chaque plant risque de faire moins de grains. Mais dans un sol léger très fertile, on voudra réduire la population, pour éviter la compétition entre des plants qui s’étireront en hauteur pour recevoir de la lumière, développant ainsi des tiges plus fines et sensibles à la verse.

« Un producteur qui connaît très bien ses sols pourrait faire varier son taux de semis (dans un même champ), affirme Miguel Provost. Ce serait du fine tuning. Les taux de semis, ce n’est pas une science exacte et chez la majorité des producteurs, on est plutôt rendu à corriger des aspects de base, comme le drainage de surface. »

Retrouvez dans Le Bulletin des agriculteurs de novembre 2014 un article complet sur les taux de semis variables dans le maïs et le soya.

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