Traces de néonicotinoïdes dans les abeilles

La preuve est maintenant établie au Québec aussi : les néonitocinoïdes des traitements de semences peuvent bel et bien induire la mort chez des abeilles dont le rucher se trouve à proximité de champs en grandes cultures.

En 2012, les apiculteurs ont rapporté au MAPAQ 35 cas d’intoxications possibles. Dans neuf de ces cas, des traces de néonitocinoïdes ont été trouvées dans les abeilles mortes, à des niveaux plusieurs fois supérieurs à la dose létale.

Ces données ont été présentées la semaine dernière à la Journée d’information scientifique – grandes cultures, du CRAAQ. Candidat à la maîtrise à l’Université Laval, Olivier Samson-Robert, y présentait aussi les résultats de sa propre enquête.

Sur les 35 cas soumis au MAPAQ, les six provenant de l’Estrie n’avaient pas de traces de néonicotinoïdes. Des 29 cas en provenance de la Montérégie, neuf contenaient des traces de néonicotinoïdes (7 cas avec de la Clothianidine et 6 cas avec du Thiaméthoxame, certains cas avec les deux).

Pour l’instant, l’analyse n’a pas été faite afin d’établir un lien direct entre ces intoxications et des événements de semis de maïs avec traitement de semence, qui auraient pu provoquer des intoxications aigües en raison d’une dispersion de poussières contenant des néonicotinoïdes.

En Ontario, au printemps 2012, quelque 200 cas d’abeilles soupçonnées d’avoir été intoxiquées en lien avec des semis de maïs ont été rapportés. Les analyses préliminaires confirment que dans certains cas, les pesticides utilisés sur les semences de maïs traitées ont contribué aux décès.

Des ruchers suivis
Olivier Samson-Robert a lui-même suivi douze ruchers (six en Estrie, six en Montérégie) sélectionnés, dans le cadre d’un projet de recherche. Le taux de mortalité des trois ruchers de l’Estrie situés à plus de 5 km d’un champ de cultures avec un traitement de semence avaient un taux de mortalité trois fois inférieur à ceux situés à 5 km ou moins en Montérégie.

Les abeilles mortes des six ruchers en Montérégie, tous situés à 5 km ou moins d’un champ traité, tenaient toutes des traces de néonicotinoïdes.

« Les abeilles butinent rarement au-delà de 5 km du rucher. Si la distance est plus grande (entre le rucher et un champ avec des semences traitées), il ne semble pas y avoir de risque (d’intoxication) », affirme l’étudiant du Centre de recherche en horticulture de l’Université Laval.

Parmi les abeilles mortes analysées dans le cadre de cette étude, certaines contenaient des traces de néonicotinoïdes, mais à des doses inférieures à la dose létale. « Ces doses peuvent entrainer des effets chroniques, affirme Olivier Samson-Robert. Les abeilles peuvent souffrir de désorientation, de pertes de mémoire et d’une plus grande vulnérabilité aux pathogènes et aux parasites. Les néonicotinoïdes ne sont alors pas la seule cause du décès, mais peuvent contribuer à le provoquer. »

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