Vache-folle : Tokyo met en cause des farines animales italiennes

Tokyo (Japon), 14 février 2002 – Le Japon a mis en cause l’importation de farines animales italiennes insuffisamment stérilisées comme possible élément ayant provoqué l’arrivée de la maladie de la vache folle dans l’archipel.

« Après avoir suspecté que des farines italiennes n’avaient pas été stérilisées selon les normes que nous avions imposées avant le 1er juin 1998, nous avons enquêté via l’ambassade italienne sur les méthodes de stérilisation », a indiqué le ministère de l’Agriculture dans un communiqué.

« Le 9 février, nous avons été informés que les farines animales fabriquées avant le 1er juin 1998 n’avaient pas été soumises à l’équivalent de trois pressions atmosphériques » (bars), a indiqué le ministère.

« Nous sommes en train de vérifier avec le gouvernement italien leurs réponses au fait que les farines italiennes n’étaient pas soumises à une pression de trois bars ainsi que les documents l’attestant », a ajouté le ministère.

Depuis avril 1997, tous les pays de l’Union européenne ont imposé des normes communes pour la préparation des farines animales prévoyant une température de cuisson de 133 degrés, pendant 20 minutes et sous une pression de trois bars.

Environ 606 tonnes de farines ont été importées d’Italie entre 1995 et juin 1998, selon l’agence de presse Kyodo, qui cite des sources du ministère de l’Agriculture.

« On ne peut pas écarter la possibilité qu’une partie (des farines animales italiennes) puissent avoir été utilisée pour nourrir des vaches », a indiqué un responsable du ministère de l’Agriculture.

« Et nous pensons qu’il y a une forte possibilité que les trois vaches infectées avec la maladie de la vache folle l’aient contractées en mangeant des farines », a ajouté le responsable.

Interrogée par l’AFP, l’ambassade italienne à Tokyo a indiqué qu’un communiqué du ministère de la Santé sera « très bientôt publié ». Un expert européen en questions alimentaires et agricoles a estimé qu’il « sera difficile pour les Japonais de prouver que les farines envoyées (d’Italie) n’ont pas été stérilisées suffisamment et que toutes les vaches infectées au Japon en avaient consommé ».

Le ministère japonais de l’Agriculture a indiqué avoir dépêché des experts dans les pays d’où il avait importé des farines, après la découverte d’un premier cas d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) le 22 septembre.

« A travers cette enquête, nous avons appris qu’une entreprise en Italie utilisait un équipement qui ne peut pas parvenir à une pression de trois bars », a indiqué le responsable, sans donner le nom de la société.

Selon l’agence de presse Kyodo toutefois, la plupart des farines animales importées au Japon étaient utilisées pour nourrir des animaux domestiques ou des poissons et pas des vaches.

Source : AFP

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