Embargo chinois: le scénario de la fraude étudié par le Canada

Le gouvernement canadien invoque une fraude utilisant la renommée de la viande canadienne

Des acteurs inconnus utiliseraient de faux certificats pour faire entrer de la viande en contrebande en Chine, a déclaré mercredi le ministre du Commerce, Jim Carr. Cette déclaration a été émise un jour après que Beijing eut stoppé les importations canadiennes de viande de bœuf et de porc en invoquant des documents falsifiés.

La Chine, qui a déjà bloqué les importations de semences de canola et des produits provenant de trois usines de transformation du porc, a déclaré mardi qu’elle souhaitait qu’Ottawa mette fin à toutes les expéditions de viande après la découverte de documents sanitaires “contrefaits”.

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Les responsables canadiens ont confirmé avoir trouvé des certificats non authentiques. « Quelqu’un essaie d’utiliser la marque canadienne pour importer des produits sur le marché chinois », a déclaré le ministre du Commerce, Jim Carr, aux journalistes. Le gouvernement dit ignorer si les cargaisons de viande en question provenaient réellement du Canada. « Une enquête est en cours et nous prenons la chose au sérieux et travaillons très fort pour aller au fond des choses, car nous ne savons pas pourquoi cela se produit, ni dans l’intérêt de qui. »

La GRC a reçu une demande de l’Agence canadienne d’inspection des aliments et enquête sur l’incident, selon Radio-Canada. « Nous parlons d’un cas criminel impliquant un faux certificat. Comme c’est un acte criminel, nous avons transmis le dossier à la GRC et à l’Agence des services frontaliers du Canada », ajouté Marie-Claude Bibeau, ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire.

La Chine a suspendu les exportations de la société porcine Frigo Royal basée au Québec la semaine dernière après que Beijing eut déclaré avoir trouvé des résidus de l’additif alimentaire ractopamine, qui rend les porcs plus maigres. La ractopamine est interdite en Chine. Deux autres usines ont perdu leur permis en raison de problèmes d’étiquetage.

Le ministre de l’Agriculture du Manitoba, Ralph Eichler, a déclaré à la presse que le Canada avait contacté d’autres marchés asiatiques, y compris le Japon, et qu’on lui avait dit qu’il n’y avait aucun problème avec les documents relatifs à la viande.

La décision de la Chine marque la dernière escalade d’un important conflit commercial et diplomatique avec le Canada qui a éclaté en décembre dernier après que la police de Vancouver eut arrêté Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei Technologies, en vertu d’un mandat d’arrêt américain. Peu de temps après l’arrestation de Mme Meng, la Chine a arrêté deux Canadiens, qui ont depuis été accusés d’espionnage.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a quitté le Canada mercredi pour une réunion du G20 au Japon. Le président américain Donald Trump a déclaré la semaine dernière à Justin  Trudeau qu’il était prêt à évoquer le cas des deux Canadiens détenus avec le président chinois Xi Jinping, qu’il rencontrera samedi au G20. “Personne ne cherche à aggraver ou à exacerber les tensions”, a déclaré le ministre Carr en réponse à la question.

La Chine a acheté pour 310 millions de dollars canadiens de porc canadien de janvier à avril, ce qui en fait le troisième marché d’exportation du Canada en valeur monétaire, selon les données officielles. Plus tôt ce mois-ci, Reuters a annoncé que la Chine prévoyait renforcer les inspections de viandes et de produits carnés canadiens importés.

Le ministre des Finances, Bill Morneau, a appelé mardi les premiers ministres de plusieurs provinces canadiennes pour les informer du dernier développement en date, ont déclaré des responsables.

L’ambassade de Chine à Ottawa a publié mardi une déclaration ne liant pas la dernière interdiction à l’affaire de Mme Meng. Interrogé sur d’éventuelles motivations politiques, M. Carr a déclaré mercredi « aucun lien n’a été évoqué de manière explicite par quiconque. »

Les diplomates et les experts affirment toutefois qu’il ne fait aucun doute que la Chine utilise les interdictions d’importation et les arrestations dans le but de forcer le Canada à libérer Mme Meng. Ses avocats ont demandé lundi au ministre de la Justice, David Lametti, de mettre fin aux procédures d’extradition contre elle, mais n’ont reçu aucune réponse immédiate.

M.Lametti devait rencontrer le procureur général américain William Barr à Washington mercredi. L’affaire Meng ne figurait pas à l’ordre du jour officiel, selon une déclaration du bureau de M.Lametti.

Source: Reuters, The Western Producer

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