Des crédits de carbone pour les producteurs en janvier prochain

Le 1er janvier prochain, un système de plafonnement et d’échange de droits d’émissions de gaz à effets de serre sera en action. Deux états nord-américains, la Californie et le Québec, ont décidé de contraindre certaines entreprises à réduire leurs émissions de gaz à effets de serre.

Au Québec, un projet de loi a été présenté et publié dans la Gazette officielle en juin dernier. Le système permettant les transactions de crédits de carbone est chapeauté par un organisme, la Western Climate Initiative, dont quatre provinces canadiennes et la Californie font partie.

« Ce que ça dit, c’est que les 75 à 90 compagnies qui polluent plus de 25 000 tonnes doivent réduire leurs gaz à effets de serre », explique Frédéric Hamel, consultant en grains et en gaz à effets de serre. Chaque entreprise a un plafond d’émissions qu’elle ne peut pas dépasser. Ce plafond diminue chaque année. S’il est dépassé, la compagnie doit acheter des crédits compensatoires.

« C’est là que les producteurs de porcs entrent en action », explique Frédéric Hamel. Les entreprises peuvent acheter les crédits directement des producteurs de porcs ou de bœufs, des sites d’enfouissement ou des récupérateurs de HFC (gaz autrefois utilisés dans les réfrigérateurs) qui auront réalisé et comptabilisé des réductions de gaz à effets de serre.

« Le toit étanche sur une fosse est une technologie qui permet de récupérer le méthane, précise Frédéric Hamel. Or, le méthane est 21 fois plus dommageable que le CO2. Les réductions doivent être vérifiées par un vérificateur. L’efficacité minimale est de 80 %. » La comptabilisation des abattements ou réduction de l’émission des gaz à effets de serre est la clé de toute technologie.

Voici un résumé très sommaire des étapes de réalisation d’un projet :

1. Idée de projet.

2. Visite d’un quantificateur qui aide à monter le projet et à mesurer les économies potentielles.

3. Un comptable produit un rapport sur les réductions réellement réalisées.

4. Un registre démontre que les crédits n’ont été vendus qu’une seule fois. Il n’est pas encore en place.

5. Chaque année, les compagnies déposent un bilan et le quantificateur fait sa tournée.

6. Des gens, comme Frédéric Hamel, mettent en relation des acheteurs et des vendeurs. « C’est un marché de gré à gré », dit-il.

Au Québec, le prix seuil pour la vente est de 10 $ par tonne de gaz à effets de serre sauvé. Pour l’instant, il n’est pas possible pour les compagnies du Québec d’acheter des crédits en Californie, ni l’inverse. Si l’entreprise n’a pas atteint ses objectifs, elle doit acheter le restant sur le marché du gouvernement. « Si j’étais un producteur, je les vendrais autour de 13 $ à 14 $, dit Frédéric Hamel. Avec les années, ça va monter. »

Lisez aussi l’article Un porc acceptable pour l’environnement, qui présente les toiles Agritop, dans le numéro de décembre du Bulletin des agriculteurs.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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